La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"les Chiens de Detroit", Jérôme Loubry

"Nous sommes tous hantés. (...) Nous sommes ces maisons aux volets violentés par le vent que les habitants de cette ville fuient. Nous sommes les couloirs silencieux et leur peinture écaillée qui chute sur les parquets défoncés. Nous sommes ces cheminées désertées de toute chaleur. Nous sommes ces pièces vides hantées par les voix du passé. (...) Les fantômes de nos espérances, de nos projets essoufflés, de nos sourires effacés, tous nous hantent. Certains plus que d'autres."

Petit conseil : évitez les résumés, les avis, les commentaires qui fleurissent partout sur le Net, évitez même la quatrième de couverture. Faites comme moi : plongez dans ce livre sans trop savoir, laissez votre imagination faire son job devant la couverture, partez à Detroit, et...

"Il était une fois, dans un village reculé, une créature qu'on appelait Géant de brume. Chaque nuit, lorsque la lune voilée par les nuages n'éclairait qu'à moitié, et que la brume humide léchait les maisons, il venait enlever les enfants qu'on ne revoyait jamais..."

Il était une fois une légende, une histoire que l'on racontait aux enfants de Détroit, le soir, en les bordant dans leur lit. Une légende glaçante, terrible, effrayante. "Dis papa, c'est vrai que les histoires, c'est seulement dans les livres et pas dans la vraie vie, hein, dis, papa? Papa? Papaaa?"

Il était une fois une ville, ou plutôt, ce qu'il restait d'une ville. Autrefois prospère, aujourd'hui à l'abandon, Détroit est un personnage à part entière du roman, on sent son coeur battre, on aperçoit ses entrailles palpiter, et la tristesse qu'elle dégage est infinie.

Il était une fois un homme brisé, un policier déchu, un être hanté, désabusé, fantôme dans une ville fantôme. Et une jeune femme, et un géant, et des enfants, des parents, des chiens errants. Et. Des. Enfants.

Il était une fois une construction classique, presque lisse, qui cachait bien son jeu, une atmosphère douce-amère, un crescendo d'angoisse qui flirte avec... et puis non, je ne vous le dirai pas, mieux vaut vous laisser découvrir, chercher, bâtir des théories qui s'effondreront une à une telles des châteaux de cartes. Et puis, même si vous devinez, l'essentiel n'est pas là....

Il était une fois la rédemption, le pardon, la traque, l'attachement, l'acharnement, la violence, l'Enfer, des verres qui se remplissent et d'autres qui se vident, et des voix, beaucoup de voix.... Et du talent, beaucoup de talent.

 

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Jacqueline 12/10/2017 13:16

Tentant ...... mais plus plus tard vu ma pal ...