La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Mets le feu et tire-toi", James Mc Bride

"Ce qu'il faut aux enfants, c'est de l'éducation, disait-il à Buddy Dallas. Pas des chaussures de basket ou de la bière."

Bande son évidente, ici.

«Au cours de ses quarante-cinq ans de carrière, James Brown a vendu plus de deux cents millions de disques, il a enregistré trois cent vingt et un albums, dont seize ont été des hits, il a écrit huit cent trente deux chansons et a reçu quarante-cinq disques d’or. Il a révolutionné la musique américaine. Il était extraordinairement talentueux Un danseur génial. Un spectacle à lui tout seul. Un homme qui aimait rire. Un drogué, un emmerdeur. Un type qui avait le chic pour s’attirer des ennuis. Un homme qui échappait à toute tentative de description. La raison ? Brown était l’enfant d’un pays de dissimulation : le Sud des États-Unis.»
Jazzman et romancier, lauréat du National Book Award, James McBride se lance sur les traces d’une icône de la musique américaine. De rencontres en entretiens, il nous offre un tableau magistral de l’univers de James Brown et nous livre une vision troublante de la société américaine actuelle.

(C'est quand même trop la classe, non?)

Et pourtant, je ne suis pas fan des biographies, même romancées. Je ne suis pas non plus une fan de James Brown, pour tout vous dire. Mais je vis depuis plus de quinze ans avec un saxophoniste fan de jazz et de funk qui m'a emmené un jour voir Macéo Parker (cliquez ici si vous ne connaissez pas)  et là... Bref, je m'égare, tout ça pour dire que j'étais dans d'assez bonnes dispositions avant d'attaquer ce texte. Puis, bam, j'ai découvert que l'auteur, à l'instar d'une Emmanuel Carrère que je déteste n'aime pas trop, mêlait sa propre vie et ses propres expériences à sa recherche sur James Brown, et j'ai grincé des dents. Et pourtant...

Et pourtant, pour le coup, ça l'a fait, comme on dit. James Mc Bride est saxophoniste et journaliste "musical", et ça se sent. L'âme noire, à défaut de l'expliquer ou de la donner à voir au lecteur, il l'approche presque de l'intérieur, ce qui nous donne (à mes yeux) les pages les plus intéressantes de cet ouvrage : en cherchant à raconte l'histoire d'un gamin pauvre d'un trou du cul du monde bled de Caroline du Sud devenu Mister dynamite, c'est l'histoire du Sud qu'il nous raconte, l'histoire de ces noirs au pays des blancs, des héritiers de l'esclavage et de la ségrégation, l'histoire d'un peuple malmené. Et l'histoire de la musique, aussi, dans de toutes aussi intéressantes même si un poil trop érudites pour moi pages consacrées  à ces grands noms du jazz, du funk et de la pop, de Pee Wee Ellis à Michaël Jackson. Et à James Brown, évidemment. En donnant tour à tour la parole aux "proches" (et les guillemets ont toute leur importance) de la Star, l'auteur dresse un portrait en patchwork (et un peu brouillon, il faut bien le dire) d'un homme plus que d'une icône, avec ses zones d'ombres, ses failles et faiblesses, ses obsessions et ses réflexes de bouseux égaré dans la grande Pomme.

Un texte intéressant donc, qui se lit presque comme un roman et qui vous donne une furieuse envie d'actualiser votre playlist!

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Jacqueline 02/08/2017 16:22

Je ne tenterai pas cette lecture ...par manque d intérêt....