La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Si seulement... la vie s'apprenait dans les romans d'amour", Kristan Higgins

"J'ai toujours pensé que je finirais par trouver la clé du bonheur parfait, comme je pensais que Rachel l'avait trouvée, et qu'alors chaque jour de ma vie serait précieux, simple et bien ordonné. Mais, la vie, ce n'est pas ça. Il y a quelques moments éclatants de perfection comme celui-ci, et puis il y a le quotidien qui les relie l'un à l'autre en un chemin scintillant qui, même au plus profond de la nuit, montre la direction à suivre. "

(Ne partez pas tout de suite, je vous promets que l'on va rire!)

Bande son lourdement proposée par l'auteur ici.

Rien qu'au titre, vous vous doutez bien que ce billet signe le retour du , enjoy!

Je ne résiste pas à vous faire un petit résumé perso rempli de SPOILERS, vous voilà prévenus.

Ce livre, au titre aussi long que son contenu, c'est l'histoire de Jenny, créatrice de robes de mariées dans la proche banlieue new-yorkaise, fraichement divorcée de Monsieur l'Homme Parfait, qui emménage dans une super maison, dont le super propriétaire-gérant-profdepiano est un super beau mec un peu torturé dont elle va tomber super amoureuse, qui va tergiverser longuement (sans blague) mais qui finira dans son lit ses bras : l'amouuuuuur triomphe toujours, nous le savons tous. C'est aussi l'histoire de la soeur de Jenny, femme au foyer mère de triplées, débordée (of course), dépassée (sans blague!), archi naïve (non?), trompée par son mari (damned!) qui tergiverse elle aussi pendant tout le livre mais qui finit par se reprendre à la fin :  who run the world, hein? (un peu de musique?)

Si j'étais l'élève qui m'a imposé a choisi cette daube cette lecture, je me cacherais la tête dans le sable et je lirais toute la Comédie Humaine pour me faire pardonner je baserais toute ma pseudo-analyse sur l'appartenance à un genre : la chick lit (littérature pour poulettes, donc tout un programme...), en l'occurence.

Mais qu'est-ce donc que la chick lit, me direz-vous?

Et bien, c'est un genre littéraire d'origine américaine (ah, les fourbes!), né dans les années 90 (merci Sex and the city!), qui s'adresse à un public principalement féminin, genre que l'on peut qualifier (d'après un site dont je préfère taire le nom) de "fiction post-féministe".

(voilà à quoi je ressemble en lisant une telle énormité)

Bref, reprenons. Ce genre met donc en scène des trentenaires (mais voilà pourquoi j'ai tant de mal : je suis trop vieille!), des "filles comme vous et moi qui se débattent désespérément dans un quotidien cruel semé d'embûches pour trouver leur vraie vocation et le Prince Charmant". Ainsi donc, ici, la soeur de notre héroïne (dont j'ai oublié le nom, j'avoue), se débat dans... le caca. Parce que des triplées, voyez-vous, ça fait trois fois plus caca. Morceau choisi : Encore caca. Pendant que nous l'attendions, Rose et moi, Charlotte pousse et devient toute rouge. Quelle merde, hein, sans mauvais jeu de mots! Mais là n'est évidemment pas son seul problème, loin s'en faut. Non, son mari, si beau, si sexy, si papa poule, se révèle être un odieux connard qui reçoit un soir sur son gsm une photo. On dirait un buisson humide et doux, avec un trou sombre et peu engageant. Mais il n'y connait rien aux arbres... C'était sûrement destiné au, au...garde-forestier, tiens! Des embûches, donc, et pas des moindres, surtout quand on est aussi cruche. Heureusement que sa soeurette chérie est là pour lui ouvrir les yeux (parce que sur la photo, hein, c'est autre chose qui est ouvert....). Que faire de son mari friqué et volage et comme réussir à sortir avec le beau mec d'à-côté, voilà les embûches de nos deux nanas. Oui, je sais, je sais....

Dans la chick lit, le ton se veut "léger, humoristique, voire franchement ironique"(pauvre Voltaire!), nous dit-on. Bon, pour le coup, je n'ai pas trouvé d'exemple probant, et j'ai envie de modifier ce paragraphe par " le style se veut gniangnian, culcul et ridicule au possible". Voilà donc pourquoi notre héroïne se pâme une page sur deux en s'exclamant  il est décidément trop craquant! Le genre d'homme qu'on a envie de chouchouter, de câliner, d'embrasser pendant des heures. Mais la parité est respectée, tout du moins dans ce critère, car notre bellâtre de service répète lui aussi très souvent quelque chose comme Dieu du Ciel! Je suis un être humain, ok! Pas juste un objet sexuel.

(pardon, je reviens)

Les thématiques abordées sont "fraîches et d'actualité" : "les relations amoureuses, le célibat, le monde professionnel"... Et j'ajoute : la maternité. Parce que dans ce livre, il est question d'enfants (les triplettes et leur caca, vous vous souvenez?) et de bébé. Un bébé né en deux poussées sur un tapis persan, le bébé de la nouvelle femme de l'ex-mari de l'héroïne (ça va? vous suivez toujours?), né grâce  à l'aide de notre héroïne, justement. Un bébé parfait, comme son papa, qui sent bon, comme son papa. Vous dites? Quelle coïncidence? Mais ce livre en est truffé, figurez-vous : se retrouver dans le même resto que le bellâtre, dans une salle d'attente avec l'ex-maitresse de son père, disparue de la circulation quelques vingt-deux ans auparavant, rien n'est trop gros ici pour notre héroïne au grand coeur. Idem pour les clichés : la nana qui commande une salade et le mec un steak, le connard qui trompe sa femme au foyer avec la collègue sexy aux dents qui rayent le parquet, le baiser de cinéma, la robe de mariée itou, un vrai festival. Et quand vous savez que "le happy-end est presque toujours au rendez-vous", vous vous doutez bien de comme j'ai terminé ce roman...

Définitivement, je ne suis pas une poulette. Cotcot.

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AMBROISIE 09/06/2017 15:04

J'ai adoré lire ton article, merci ! Enfin un billet comme je les aime sur ce genre littéraire que je ne supporte pas !

Constance Poitras 09/06/2017 02:27

Haha j'ai eu une passe chick lit...ajtour de 18-19 ans...ça m'a vite passé XD

Jacqueline 08/06/2017 21:22

Un billet jouissif ...

LaFée 08/06/2017 21:26

... pour un roman qui ne l'est pas du tout :-)