La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Still Alice", Lisa Genova

"Puisque mon passé disparaît et que mes lendemains sont flous, quelle raison ai-je encore de vivre ? Je vis pour chaque journée."

 

 

Titulaire d'une chaire de neurobiologie à Harvard, Alice, à cinquante ans, attribue d'abord ses quelques amnésies au stress et à la ménopause. Jusqu'au jour où elle se retrouve complètement désorientée sur son parcours habituel de jogging et où tout bascule. A l'issue de tests médicaux qu'Alice ne connaît que trop bien dans le cadre de son travail, le diagnostic tombe : elle est atteinte d'une forme précoce de la maladie d'Alzheimer.
Alice s'est toujours reposée sur son cerveau et sur sa mémoire, qui constituent le centre de son travail, voire de sa vie. Elle, ses deux filles et son mari John, qui refuse de faire le deuil de la femme brillante qu'il a toujours connue, vont entamer une descente accélérée dans l'enfer ordinaire de la maladie, doublée d'une course contre la montre pour organiser l'avenir. Mais quel avenir a-t-on quand le passé nous échappe ?

Dire que j'ai été bouleversée par cette lecture serait encore bien loin de la vérité. J'ai tourné les pages la boule au ventre, espérant pour Alice, qu'elle reste Alice, justement, comme l'évoque le si joli titre original du roman. J'ai espéré, non pas un miracle, car de miracle il ne peut y avoir, mais quelques instants de lucidité, encore, un peu de répit, de la dignité, qu'elle reste encore la linguiste, la mère, l'amie, l'épouse, la femme, intelligente, brillante, aimante qu'elle était avant que n'arrive l'inéluctable. Mais Alzheimer. Démence présénile. Le combat est perdu d'avance, et Alice le sait, tout comme nous. Alors vient la colère, celle d'Alice, un peu, mais surtout la mienne. Colère contre le sort qui frappe à l'aveuglette, contre cette maladie, bien sûr, mais aussi colère contre John, contre la médecine, contre les collègues d'Alice. Colère facile, il est vrai, quand elle ne concerne que des personnages de papier, et quand, jamais, dans sa propre vie, on n'a été confronté à "çà", mais colère qui touche la part d'humanité qui ne se réveille qu'à la lecture d'un texte profondément juste, dur, mais fort. Quel déchirement d'assister à cette dégradation, d'admirer malgré tout la lucidité et le courage avec lesquels Alice affronte les défaillances de sa mémoire , et quelle tristesse, vraiment, de découvrir le dossier papillon, et de voir cette amoureuse des mots perdre les siens, un peu plus chaque jour. Si Alice oublie un peu plus à chaque moment qui passe qui elle est, et qui sont ceux qu'elle aime, je sais que moi, je n'oublierai pas Alice, et qu'elle restera dans un coin de ma tête, longtemps, très longtemps, ce temps qui justement lui a fait cruellement défaut.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Constance Poitras 25/04/2017 01:12

Ça semble bon mais je ne m'en sens pas capable. Jai tellement peur de cette maladie :(

LaFée 25/04/2017 21:13

C'est très dur à lire, mais ça vaut le coup, vraiment.

Jacqueline 24/04/2017 19:33

Je partage ton ressenti ...... Oh ! Alice ......<3

LaFée 25/04/2017 21:13

C'est tellement réaliste :(

Fanny 24/04/2017 19:13

Mai-heuhhhh arrête de me tenter!

LaFée 25/04/2017 21:13

Tu seras touchée, j'en suis sûre!

Marguerite 24/04/2017 18:14

Un coup de cœur, pour moi. Qui m'avait bouleversée...

LaFée 25/04/2017 21:14

Je pense encore souvent à cette histoire, elle est dans un coin de ma tête depuis que j'en ai fini la lecture...