La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"La fille d'avant", J.P Delaney

"Ma fascination pour les images qui se répètent encore et encore, ou pour les run on au cinéma, est l’expression de ma conviction selon laquelle nous passons la majeure partie de notre vie à voir sans observer" (Andy Warhol)

 

...

On devrait (JE devrais?) accorder plus d'attention aux épigraphes, elles nous éviteraient peut-être bien des déconvenues...

C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée. À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

ATTENTION SPOILERS 

(Pauvre, pauvre, pauvre Hitchcock...)

Il est beau. Ténébreux. Riche. Beau. (oui, je l'ai déjà dit, mais les répétitions tiennent une place essentielle dans ce roman, vous verrez). Psychorigide. Maniaque ("quoi? tu ne ranges pas tes épices par ordre alphabétique et par continent?"). Très sûr de lui ("j'arrive, et je vais coucher avec toi"). Il jette son dévolu sur une (ou deux, ou trois...)  pauvrette(s) secouée(s) par la vie et lui(leur) fait signer un contrat. Un long contrat (sans doute aussi long que...). Il instaure les règles du jeu. Pardon? Vous dites? Vous avez trouvé de qui je parlais? De? De? Christian Grey? Non, heureusement, non. Mais son cousin, sans doute. Ou son frère spirituel. Edward Monkford est en effet un mâle alpha comme on les aime (ahum), et je me suis demandé tout au long de ma lecture si ce roman était une blague potache fanfiction de Cinquante nuances de daube tellement les points communs me semblaient trop gros que pour être fortuits. J'ai même envisagé que l'auteur soit E.L James cachée sous un pseudo, mais il parait qu'il n'en est rien. Bien, bien, bien. (A ce stade, vous savez déjà que cette chronique va se finir en WTF, avouez-le!).

Mais Edwaaaaaard-le-bellâtre n'est (malheureusement) pas le seul à furieusement nous faire penser à la trilogie. Emma et Jane (la fille d'Avant et celle de Maintenant, vous vous en doutez) sont certes un peu moins cruches que miss-je-me-mords-la-lèvre, mais elles sont tout aussi énervantes, tellement énervantes que leur sort (connu pour la première dès les premières pages (ah, ces répétitions!), soumis à un incroyable (mwahahaha) suspense pour la seconde) m'était bien égal. Alors imaginez mon dépit quand j'ai compris que toutes (oui, toutes) les situations (grotesques/agaçantes/peu crédibles/honteusement antiféministes) allaient se répéter. Deux (longues) fois. Même histoire de doigt dans la culotte à un moment totalement incongru, de poisson vivant à déguster au resto japonais, de visites au musée et à l'église, on dirait presque En attendant Godot version SM psychologique, tant ce qui se passe/ce qui se dit est vide de sens (sauf qu'ici, même en creusant...). Et puis, honnêtement, quand je lis (contextualisation : au resto, Edward a choisi, évidemment, pour Cruchette, et le serveur apporte donc... les poches qui contiennent le sperme des poissons) : Super. Mais je crois que je préfère celui-des hommes,

Que reste-t-il me direz-vous? One Folgate Street? Cette maison ultramoderne, chef d'oeuvre du minimalisme, hyper connectée (Housekeeper, le programme qui la gère, est assez glacant, il faut bien l'avouer) que l'on s'imagine exercer une emprise sur ses habitants? Voilà qui aurait pu... mais qui n'a pas... parce que n'est pas Manderley qui veut, et le malaise laisse vite place à un autre sentiment. Pour le dire clairement,

Et voilà. J'ai été partagée tout le long de ma lecture entre un irrépressible fou rire (parfois nerveux) et un ennui mortel. Parce que l'intrigue ne tient pas la route, parce que tout est trop gros (oui, même ce à quoi vous pensez, petits coquins!), parce que les thématiques abordées sont trop nombreuses que pour être abouties, parce que je ne suis pas rentrée dans le délire, tout simplement. 

Ceci était était donc un vrai billet . Je rappelle à toutes fins utiles que si ceux-ci vous hérissent le poil, rien ne vous oblige à les lire. Merci d'éviter donc les commentaires désobligeants, ils ne me feront ni changer d'avis, ni arrêter d'écrire ce genre de billets. On est une chieuse ou on ne l'est pas, après tout, et ce ne sont pas les personnages féminins de ce roman qui me contrediront.

 

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Constance 31/03/2017 16:22

N'arrête jamais les billets WTF ce sont mes pref ;)
Les maisons d'éditions nous prennent-elles pour des cruches...parfois je me demande combien de bons manuscrits sont refusés au profit de livres qui «vendent» mais qui sont terriblement creux...

LaFée 03/04/2017 23:14

J'aime tellement les écrire que je ne suis pas prête d'arrêter :-) Et pour répondre à ta question, j'ai envie de dire "beaucoup trop"!

paikanne 30/03/2017 13:24

J'adore :-)

LaFée 03/04/2017 23:14

Ravie de t'avoir fait sourire en tout cas!

Jacqueline 30/03/2017 08:08

Hahaha .... Un pur délice, ton billet ....... Avis que je partage ....... :)
J'avoue ne pas comprendre les louanges d'autres lectrices ......comme pour les 50 nuances d'ailleurs .....

LaFée 03/04/2017 23:15

Roooo mais tu l'as lu? A bientôt Jacqueline, je me réjouis de te revoir!

Noukette 29/03/2017 23:23

Mouarf ! Bizarrement j'ai carrément envie de lire ce roman après ton billet ! ^^

LaFée 03/04/2017 23:16

Mais surtout lis-le, et donne-nous ton avis! Je suis curieuse de lire un billet qui argumente sérieusement en faveur de ce truc

argali 29/03/2017 21:20

J'adore quand tu n'aimes pas.

LaFée 03/04/2017 23:16

Ahahaha :-)

Fanny 29/03/2017 18:50

Je l'ai déjà dit, oui moi j'aime les répétitions, mais ce genre de billets sont mes préférés de la blogosphère! Voire du monde, mais là, j'exagère un peu...

LaFée 03/04/2017 23:16

Répétition et exagération, tu as tout compris à ce roman :-)))