La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Le Dernier des nôtres", Adélaïde de Clermont-Tonnerre

"Il est facile de trouver la solution quand les années ont passé, mais c'est dans le brouillard du présent que les décisions se prennent."

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d'un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant... Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ».

Ah ben, si, moi j'ai dormi... J'ai même manqué de dormir en le lisant, c'est vous dire... Ce qui sauve ce roman, c'est Shakespeare, le chien. Un gros chien, un gentil chien, un bon gros toutou plein de poils, sympathique et constant, bien plus que ses maîtres, en tout cas. Et qui a bien plus de corps et de prestance que ce texte, croyez-moi.

Déjà, l'alternance entre les deux époques, procédé éculé s'il en est, souffre d'un gros souci de transition, enfin plutôt d'un manque total de transition : entre l'Allemagne nazie et le New-York des années 70, les allers-retours sont plus rapides qu'un TGV, hop hop hop, on y est, puis plus, puis encore. Le passé et le présent se mêlent, et se rejoignent, et se répètent, puisqu'on a la version (identique ou non) du même événement par plusieurs personnages, ce qui rend le tout un peu chiant redondant. C'est à se demander si ce roman n'a pas été écrit à quatre pieds mains d'ailleurs : la puissance poétique de la naissance de W. et les larmes des soldats, la narration forte du début (du roman et de l'histoire) laisse vite place à un style creux, terne, et terriblement banal. Etrange phénomène.

Ce qui frappe, très vite, c'est la facilité déconcertante (et assez peu crédible) avec laquelle tout s'éclaire d'un coup, et ce à plusieurs moments de l'histoire. Un avion, un saut à la NASA, quelques verres de whisky, les bonnes personnes au bon endroit, et le mystère (enfin, il faut le dire vite, puisque il est assez vite éventé, ce mystère, sauf pour le principal intéressé) n'en est plus un. Quelle que soit l'époque, en plus, les clichés se succèdent, sur des thèmes pourtant porteurs (que je ne vous dévoilerai pas ici, chronique garantie 100% sans spoilers) qui se voient à peine ébauchés ou traînés en longueur.

Vous le savez déjà, les histoires d'amour, ce n'est pas ce que je préfère. Et ici, misère, j'ai été servie. Dès les premières pages j'ai détesté la suffisance du personnage, son ego surdimensionné et la désinvolture avec laquelle il traitait les gens. Puis il est tombé amoureux, et j'ai aussi détesté la future femme de sa vie. Une limousine, du champagne, un dîner sur les toits, je vais vous dire : j'avais l'impression de lire une nouvelle version des (non)aventures de Christian Grey, avec des scènes de sexe qui m'ont laissée partagée entre le fou rire et la désolation. Neuneu, donc, mais pas que : abracadabrant aussi. Un petit air de La Belle au bois dormant, ça aurait pu être sympa, mais ça frise le ridicule.

Vous l'avez compris (et pour une fois mon avis semble rejoindre celui de la majorité de la blogo), ce roman ne m'a pas plu, mais ce n'était pas une purge non plus. Je me réjouis d'avoir l'avis de Mademoiselle X, qui l'a choisi pour son examen... Mise à jour du billet en juin, donc!

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Noukette 27/02/2017 19:26

Bon, ça c'est fait...! Ça m'énerve parce que j'étais bien tentée moi, vilaine ! :-)

LaFée 02/03/2017 10:35

Sur la plage, cet été, peut-être....

Jacqueline 25/02/2017 20:58

Je l'ai lu ....... J'ai seulement accroché à partir de la période nazie ..... puis j'ai peu à peu trouvé le temps long avec des passages inutiles ..... Un roman que je n'ai recommandé ni à mes amies ni à mes sœurs .... donc......:)

LaFée 02/03/2017 10:36

Comme toi au début je trouvais cette partie-là assez réussie, puis...pffft :(

Scarlett Julie 25/02/2017 19:27

Bon ben, je me demandais si je tenterais le coup, tu me refroidis sérieusement :D

LaFée 02/03/2017 10:36

Sur la plage, peut-être? Alice trouve que c'est un roman de vacances :-)