La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés", Jami Attenberg

"Mazie, sainte patronne des fauchés et des assoiffés",  Jami Attenberg

"Parfois les joies sont distribuées à tort et à travers".

Personnage haut en couleur, Mazie Phillips tient la billetterie du Venice, cinéma new-yorkais du Bowery, quartier populaire du sud de Manhattan où l'on croise diseuse de bonne aventure, mafieux, ouvriers, etc. Le jazz vit son âge d'or, les idylles et la consommation d'alcool – malgré la Prohibition – vont bon train. Mazie aime la vie (... la quatrième de couverture est bien trop bavarde à mon goût!)

("la reine du Bowery", plutôt.)

Un roman à la narration originale, dynamique et fragmentée : des extraits d'un journal intime, d'une autobiographie, des témoignages divers qui traversent le temps et nous offrent un portrait mosaïquemique (la langue française est une langue vivante, non?) d'un personnage fantasque et fantastique : une fofolle au grand coeur, une diva, une soliste, une guerrière, j'ai nommée Mazie Philips. Mais pas que...

Le titres est trompeur, pour moi : plus que celle de Mazie herself, c'est l'histoire des soeurs Philips que nous raconte Jami Attenberg. Une danseuse, un ventre vide, une femme en cage. Parfois séparément, parfois ensemble, parfois les trois à la fois. Trois soeurs, et une famille à rallonge, aux pièces rapportées, pour un jour ou pour toujours, adorables (ah Louis, et Ti, et... ) ou mauvais choix (  le Capitaine de mon c*l). Ensemble. Malgré tout. Bien sûr, la gouaille et la personnalité de Mazie prend de la place, elle nous émeut, nous touche, nous fait sourire. Féministe avant l'heure, persuadée que  les convenances sont faites pour ceux qui ont besoin de règles, pas pour elle, elle a le coeur presque aussi gros que ses seins, et comme eux, au fil du temps, il gonfle, gonfle... Entre 1907 et 1939, c'est New York qui prend vie. Une ville qui a perdu sa dignité. Le New York des petites gens, des indigents, des saoulards et des mendiants, du cinéma muet et des enfants qui meurent derrière les portes closes et dans les cages d'escalier. La grande guerre, la prohibition, la crise de 29 ou Mazie au coeur de la tourmente, historique et personnelle.

Un roman parfois (très) triste, parfois drôle, souvent tragique, mais qui vous réchauffe, malgré tout. Ils ont été aimés, autrefois, et vous n'avez pas besoin d'en dire plus. 

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Noukette 26/09/2016 11:50

Jamais entendu parler, tu donnes envie !

LaFée 26/09/2016 16:45

Oh oui, il mérite que l on s y attarde ❤️

Jacqueline 25/09/2016 19:45

Ton billet est alléchant .... Un titre de plus dans ma liseuse ...:)

LaFée 25/09/2016 21:10

Tu vas adorer ce trio j en suis sûre!