La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Re-vive l'Empereur !", Romain Puértolas

"Re-vive l'Empereur !", Romain Puértolas

"Quand y'en a marre, y'a Malabar".

La folle histoire d'une lutte sans mort de Napoléon Bonaparte, revenu aux affaires pour sauver le monde contre les djihadistes : l'imagination au pouvoir. De nos jours, un chalutier norvégien de Findus repêche, dans ses filets, Napoléon Bonaparte et son cheval Le Vizir, maintenus en parfait état de conservation grâce aux eaux glaciales de la mer du Nord. Le retour du premier Empereur de France coïncide avec la vague d'attentats djihadistes qui assaille le pays depuis quelques mois. Promu, par une secrète confrérie corse, à une retraite au soleil, Napoléon, boosté au Coca-Cola Light pour apaiser ses aigreurs d'estomac, et en escale à Paris, ne peut rester indifférent au sort de son peuple. Il décide alors de se lancer dans une guerre contre les fanatiques islamistes. Evincé par le gouvernement de Hollande, il devra se constituer une nouvelle Grande Armée qui s'avèrera être bien loin de celle qu'il imaginait.

Ce n'est un secret pour personne : je ne suis pas comique. L'humour pince-sans-rire, le grinçant, le noir, le mordant, le piquant, je dis "oui". Le bon enfant, le léger, voire le potache-lourdasse, très peu pour moi. Inutile donc de vous dire combien la lecture de ce "Napy et les sous-doués chez Da(e)sh" m'a été pénible (et c'est rien de le dire). En cette période troublée, il semblerait que le réchauffé et le come-back de chez les Morts soit à la mode : Hitler (Il est revenu), Les Visiteurs (3!), Napoléon, faut-il que nous soyons tombés bien bas pour en arriver là...

Honnêtement, j'ai trouvé ce roman très très naze, du début à la fin. Et lourd. Et démago. Limite, je l'ai trouvé déplacé. Et honteux. Et lourd. Et pas drôle. Pourquoi?

Si je vous dis L'Hebdo des CharlotsJean-Pierre Feaucul, Fred (le Hollandais qui a inventé les fous), les happyculteurs,  vous comprenez mieux? Ajoutez à ça Naulleau, Zémour, 50 nuances de Grey, du champage noir  et des bâtonnets Findus, et vous aurez une idée assez claire de la subtilité de la chose.

S'ajoute à tout ce bon goût une influence manifeste des albums de Martine, ce qui nous donne à lire toute une (longue) série d'épisodes passionnants, tels que " Napoléon au duty-free", " Napoléon découvre le coca-cola", " Napoléon se fait des amis", " Napoléon et son zizi", " Napoléon au Formule Un", et j'en passe. 

Alors, oui, moi je veux bien que Martine ne soit pas la première des féministes, mais fallait-il pour autant transformer les rares femmes de ce roman en bombasses en string léopard dandinant du cul devant le méchant djihadiste, obsédé par ce que Napoléon a perdu (son zizi, donc, pour ceux qui ne le sauraient pas)? Pire encore, fallait-il faire de la seule non-bombasse de la bande un tue-l'amour, un contre-exemple? Pour prouver quoi, je vous le demande? Non, vraiment, "drôle" n'est pas le premier adjectif qui m'est venu à l'esprit...

Certes, je comprends bien l'idée de départ (oui, même si je suis une fille, dingue, non?), peut-on rire de tout, avec n'importe qui, tout ça, tout ça, j'ai bien compris oui. Mais franchement, déterrer Napoléon, l'affubler d'une jean slim-fit et d'un t-shirt à l'effigie de Shakira (ce qui nous donne une bande-son à la hauteur du roman) (et me pousse à me demander si l'association, même surtout inconsciente, Shakira-bombasse-string léopard ne devrait pas pousser l'auteur à consulter, ou du moins à s'interroger sur sa relation à sa mère...) et l'envoyer boter le cul des méchants djihadistes de Daesh, avec une espèce de parodie du "J'accuse"  de Zola (il faut accorder à l'auteur qu'il n'a peur de rien même pas du ridicule) en guise de cri de ralliement, c'est un peu gros non? Puertolas a dû hésiter à sous-titrer son roman "Daesh pour les nuls" ou  "Le djihadisme expliqué à mon fils (débile mental léger)", je pense (et merde, je crois que son humour lourd déteint sur moi , au secours!).

Bon, qu'il manque quelques cases dans l'esprit des djihadistes, je n'en disconviens pas. Que la caricature des ces fous (d'Allah, et du reste) soit un juste retour de bâton, tel est pris qui croyait prendre, ok. Mais en faire des obsédés sexuels, bouffeurs de coquillettes au beurre, qui partent la fleur au fusil (oui, ceci est une métaphore sexuelle) se faire exploser, tout ça pour avoir la chance de sauter les septante-deux vierges au Paradis, c'est un poil trop réducteur. Et trop simplet. Et ça, bah, j'aime pas.

(au moins j'ai réussi à caser ce gif qui dormait dans mes dossiers depuis bien trop longtemps :-))

Edit : l'avis d'Antoine H.

Appréciant l'humour absurde et insensé et les histoires de fiction originales, le livre Revive l'Empereur de Romain Puertolas m'a tout de suite semblé être un bon choix de lecture.  C'est ainsi que je me suis plongé, non sans mal au début du au style particulièrement simpliste de l'auteur, dans l'aventure d'un Napoléon ressuscité, découvrant le monde moderne et prêt à en découdre avec l'état islamique.

M'attendant au départ à un récit semblable à celui du film « Les Visiteurs », je fus agréablement surpris par l’originalité des situations racontées, évitant ainsi la lourdeur d''un sentiment de « déjà-vu ». Le suivre consiste donc à un enchaînement de diverses situations confrontant cet empereur d'un autre temps au monde moderne et à l'état islamique, parfois entrecoupées d'extrait servant à expliquer grossièrement que le terrorisme c'est pas bien. 

 Au début, une fois habitué au style, le roman devient agréable à lire ou du moins facile et sans prise de tête. Néanmoins, plus on avance dans le roman, même si il ne devient pas plus compliqué, plus on a envie d'en voir la fin. Ce qui pourrait être un bon point dans un roman mettant en scène une intrigue et du suspense mais qui n'en est pas dans ce cas-ci. L’enchaînement de situations commence à devenir lassant et l'humour, usant. Le style étant trop simpliste et l'humour de l'auteur tout autant malgré son originalité, j'avais l’impression de lire sans cesse la même chose. J'ai donc eu peine à finir les 350 pages de ce roman bien que j'aie apprécié le début et l'idée générale. 

D'autant plus que l'idée de base est loin d'être mauvaise. Je reste convaincu, malgré ma mauvaise expérience de lecture, que ce livre peut être fort plaisant à lire pour un lecteur occasionnel ayant peu de temps consacré à la lecture. C'est aussi un livre qui, selon moi, pourrait être intéressant en tant qu'introduction pour parler de l'état islamique dans les écoles, de par son style accessible à tous ainsi que par les réflexions qu'il pose et les données historiques qu'il apporte. 

Edit : l'avis d'Elric T.

Romain Puertolas nous a habitué à des livres peu sérieux notamment avec ' L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ". Va-t-il réitéré son succès avec son nouveau roman '' Revive L'empereur ''?
Cette nouvelle histoire ne déroge pas a la règle. Humour omniprésent, histoire peu sérieuse,  on sent un Romain Puertolas dans son élément mais pas nécessairement pour un bien. L'histoire est vraiment originale et l'auteur a fait des recherches complètes et précises sur son personnages principal (Napoléon). A travers ce personnage historique et symbole de l'unité française, Puertolas va tenter de faire passer des notions très sérieuses comme, par exemple, la différenciation entre bon et mauvais musulman,  le coté extrémiste du FN,… Néanmoins, vouloir alterner des passages d'humours ( parfois très lourds) avec des passages très sérieux où l'auteur veut clairement faire passer des notions a son lecteur. Cela rend le livre saccadé, pas fluide. Puertolas a beau utiliser une écriture légère, facile à suivre, cela n'arrive pas a contrebalancer cette lourdeur dans les phases humour/sérieux. 
On saluera néanmoins le réel effort fait par  l'auteur, qui a voulu traiter un sujet actuel très complexe à travers l'humour, malheureusement cet humour nous noie littéralement, ne nous permet pas d'apprécier l'histoire à sa juste valeur... Et avec une fin que l'on pourrait facilement qualifier de 'too much' one se demande si l'auteur n'aurait pas du arrêter son roman 50 pages auparavant.
En conclusion, ce livre conviendra à des lecteurs appréciant des livres 'non prise de tête' ou à des jeunes étudiants du secondaire. 

 

 

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Jerome 18/04/2016 13:03

Quelle idée de te lancer dans une lecture pareille, il était tellement évident avant le coup que tu allais détester.
Si tu veux du grinçant, du noir et du mordant, vient plutôt rencontrer Alby. Tu vas le détester mais lui au moins, il te fera rire ;)

LaFée 18/04/2016 20:14

J avais pas le choix, c était pour l école :-)

Fanny / Pages Versicolores 18/04/2016 11:51

Puertolas et moi, c'est comme l'eau et l'huile, ça ne peut pas fonctionner :-) Lire " La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel" avait été une vraie torture, d'ailleurs la fin a été lue en diagonale mais je me suis promis de ne plus retenter l'expérience et ton billet vient de me le confirmer!
Tu as été courageuse :-D

LaFée 18/04/2016 20:14

Plus jamais non plus :-)

Jacqueline 18/04/2016 07:43

A défaut de noter le titre d'un roman bien tentant, ton billet m'a fait rire et sourire de grand matin ..... et que dire du dernier gif ! Hahaha .....:)))

LaFée 18/04/2016 20:14

C est déjà ça :-)

Scarlett Julie 17/04/2016 20:25

Je crois que ça va être compliqué pour nous 2 de trouver un roman en commun qui nous plaisent :D
Perso, j'avais trouvé ça chouette :p

LaFée 18/04/2016 20:15

Rooooo. "La petite dame", j espère :-)

Marguerite 17/04/2016 19:59

Mon dieu que ça a dû te sembler long...
(Il vient d'où, ce gif?)

LaFée 18/04/2016 20:15

Je ne sais plus, mais je l adore!