La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

Quelques livres, quelques mots...

Quelques livres, quelques mots...

“If you're in bad mood, take a deep breath."

La pluie, sans doute. Le froid, la neige, le vent. Les journées qui passent trop vite et l'obscurité qui tombe trop tôt. Les gens, tellement désespérants, parfois. Les copies qui s'ajoutent aux copies, le rush, le temps qui file. L'envie, puis non, en fait. La mauvaise humeur. Ca arrive, et c'est pas si grave. Depuis quelques temps, aucune lecture ne trouve grâce à mes yeux. Voilà qui aurait pu donner naissance à de chouettes billets , mais trop de WTF tue le WTF, moi j'dis. Puis pas le temps. Pas le courage. Morosité? Y'a de ça, oui. Alors, quelques mots et quelques gifs, en vrac, pour vous parler de tout ça. Puis redémarrer du bon pied, celui que Cajou a mis à l'étirer en me faisant parvenir un livre qui devrait me plaire. On y croit.

Et attention

Le deuxième volet d'un diptyque, pour commencer. Quand le premier (voir ici) ne t'a pas convaincue, pourquoi diable aller lire le deuxième? Par curiosité, pour voir si, ben oui, on ne sait jamais... Ben non, en fait. Ok, la narration est diablement efficace avec ses multiples narrateurs et ses jeux sur la temporalité, mais le verdict est le même : ce livre, tout comme son grand frère, ressemble à la conversation de Charles Bovary (c'est la minute culture, ne me remerciez pas) : " plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie". Ajoute à tout cela un suspense inexistant (puisque dès la page 10 du tome 1 on a la certitude de tenir le coupable) et des clichés en veux-tu en voilà, prêtres pédophiles en tête, et tu as un gros gros flop. Enfin, chez moi, parce que la Blogo Entière semble l'avoir adoré. Franchement?

Il y a un p'tit air des Triplettes de Beleville (Quoi? Vous ne l'avez jamais vu? Mais foncez, bon sang! Regardez-moi cette bande-annonce (clic)!) mélangé au Magasin des suicides dans le début de ce roman pour ado. C'est frais, c'est original, c'est presque jouissif de voir évoluer cette famille hors-normes, y'a plein de choupitude et de normalité-pas-classique, c'est sympa. Sauf que. A force de trop en faire, ça devient un peu n'importe quoi. Et la frontière entre la choupitude et la ringaritude (j'invente les mots que je veux, je le rappelle) est vite franchie. Puis il y a des invraisemblances, trop, des libertés prises avec les dates et les faits, plein de petits détails qui m'ont fait tiquer et ont fini par prendre le dessus sur le plaisir de voir tout ce petit monde évoluer, "au bout du monde", justement...

Y'avait des turbulences. Beaucoup de turbulences. Le prêtre à côté de moi faisait ses prières, et moi j'étais pas trop trop rassurée non plus, je dois dire. Voilà, c'est la faute à un vol un trop chahuté vers Rome si j'ai lu le deuxième volet de la série la plus naze attendue de l'année. Et comment vous dire? Si j'ai été un peu de mauvaise foi dans mon billet sur Ma raison de vivre (ici), pas besoin de forcer le moindre trait pour vous dire que la suite est juste une daube. La daube, la quintescence du roman young adult daubesque. Rien que ça. On reprend tout ce qui faisait déjà lever les yeux au ciel dans le précédent : les personnages caricaturaux, richissimes ou pauvrets, pas d'entre deux (y'a un p'tit air d'Amour, gloire et beauté, par moments, les diamants sans doute?), qui parlent une langue tellement artificielle qu'elle en est presque drôle (un ado qui répète "yep" et "intense" tous les cinq mots mais qui discute philo à cinq heures du mat' avec le mec de sa mère (qui d'ailleurs est amoureux d'elle, ça le lecteur l'avait compris depuis le début, mais pas notre naïve héroïne qui va tomber des nues, n'oubliez pas qu'Emma est toujours une Sainte Nitouche, enfin, pas stricto sensu, mais passons) dans le canapé du séjour, vous m'excuserez, hein, mais...) et qui se retrouvent dans des situations plus abracadabrantesques les unes que les autres (il sera question, en vrac, de sexe, de sexe, de sexe, de violence, un peu de sexe aussi, et si on creuse (profondément. Sans jeu de mots, juré!) le propos, de parentalité, d'amitié, de passage vers l'âge adulte et d'amouûûûûr)  mais en gardant toujours fière allure, attention. Déjà avec tout ça, on tenait un sacré . Mais il faut ajouter à ce marasme dégoulinant une incapacité chronique à mettre le doigt sur ce qui est important et sur les transitions, bref, sur tout ce qui fait d'une trilogie un tout cohérent. La fin de Ma raison de vivre, celle-là même qui a ému (ou en tout cas scotché) tous les lecteurs? Passée à la trappe. On reprend les choses à j+x, et c'est à peine si L'Evénement est évoqué. Pas de conséquences, de répercutions, rien. Esprit aussi vierge que celui d'Emma. Frustrant. Et il en sera ainsi tout au long du roman : les quelques moments-clés sont à peine ébauchés, ils passent, ils coulent, et on se concentre sur le menu de la cantine ou la robe choisie pour la fête. Groumf. Mais il faut accorder une chose à l'auteur : sa constance dans les chutes merdiques. La première était too much mais quand même outch, celle-ci, c'était juste

Mais oui, comme la maison ne recule devant aucun sacrifice, je lirai le dernier tome. Juste pour voir..

Pour le coup, c'est ma faute. j'aurais dû écouter les copines et me méfier d'un bandeau aussi racoleur. Mais la couverture, le résumé, le titre, tout me plaisait dans ce roman, je me voyais déjà l'ajouter à ma liste de romans pour les 4èmes, pour mon cours sur le "lire ado". La déception n'en fut donc que plus grande. Pourtant, sur papier, Tori avait tout pour me plaire : l'ironie, la morgue, le second degré, l'humour noir, le détachement, voilà qui aurait dû me parler, non? Mais elle m'a prodigieusement agacée, cette gamine jamais contente, avec ses faux airs de Calimero et de je-suis-bien-au-dessus-de-la-mêlée-et-je-vous-emmerde, sa façon de trainer les pieds et sa vie. J'ai lu un peu partout que ce roman était "crédible" et racontait "enfin" le quotidien d'une "vraie ado de 2015". Bah je suis désolée, mais quand je regarde autour de moi, j'en vois beaucoup des ados, mais je ne vois aucune Tori. Des désabusés, des je-me-la-pète, des mal-dans-mes-baskets, des timides, des clowns qui font rire la galerie, des tristounets, des plus-vraiment-petit-mais-pas-encore-bien-grand, des énervants, des touchants, des transparents, oui, mais pas de Tori. Et heureusement. Puis disons-le aussi vite fait, l'histoire du Solitaire, là, l'espèce de mystère que l'on fait planer sur son identité et ses motivations, on s'en fout un peu, non?

Allez, haut les coeurs. Les affaires vont reprendre, j'ai juste un peu besoin d'un

On remet les compteurs à zéro et roule ma poule!

 

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jerome 29/02/2016 13:03

Une légère mauvaise passe on dirait :p
Un petit thriller pour se remettre sur les rails peut-être ?????

LaFée 29/02/2016 14:24

Je sens une légère pointe d ironie dans ce message, je me trompe?

NovaBaby 28/02/2016 18:58

Apparemment tu n'es pas là seule à ne pas avoir aimé Ma raison d'espérer. Je n'en ai lu que de mauvaises choses. Moi qui étais motive pour découvrir le premier, ça m'a vachement refroidie.
Ah, et perso, le bandeau «l'auteure n'a que 18 ans, youhou», pour moi, c'est synonyme de «on n'a vraiment aucun autre argument pour vous le faire acheter».
En tout cas, j'espère que tes prochaines lectures sont plus intéressantes !

LaFée 28/02/2016 21:07

Je sais, j aurai dû me méfier :-) ça m apprendra ahahaha

Constance 27/02/2016 13:49

Aaaaw c'est tellement pénible quand on traverse ce genre de passe...essaie une valeur sûre pour te sortir de là (Oates par exemple). Lâche pas on fini toujours par en sortir ☺

LaFée 28/02/2016 21:07

Je vais essayer un genre qui logiquement me plait beaucoup, on verra! Bisous au Québec!

Noukette 26/02/2016 23:39

Ah mais oui, on croise les doigts, ça va le faire ! Après une aussi mauvaise série tu ne peux que rebondir (enfin j'espère ) (quoique ce genre de billet... j'aime... j'adore... :-D )

LaFée 28/02/2016 21:08

Tu ne disais pas ça pour "la fractale" ahahaha :-)

Jacqueline 26/02/2016 20:35

Des livres que je vais laisser à d'autres .....
Pour "le reste", je t'envoie des ondes de "plaisir, bien-être et sérénité" .....

LaFée 28/02/2016 21:08

Merci <3

argali 26/02/2016 16:23

J'aime bien quand tu n'aimes pas.
Moi j'ai apprécié "L'année solitaire". Il a des accents de sincérité et n'est pas si mauvais pour un premier roman d'une auteure de 18 ans. Elle a le plus le droit d'être mièvre que des adultes, je trouve.

LaFée 28/02/2016 21:08

J ai ton billet et en effet je suis moins emballée que toi! Bisous!

Cajou 26/02/2016 15:56

punaise l'hécatombe :/ Allez, je sens que le "Agatha Christie" à l'américaine pourrait te sortir de ce marasme. Puis je vais regarder dans ma PAL si j'en ai pas un autre pour après si jamais celui-là le fait pas :p

Marguerite 26/02/2016 17:04

Agatha Christie à l'américaine? Qui? Quoi? Où? Comment?

LaFée 26/02/2016 16:18

J envisage l'encens pour brûler les mauvaises ondes ou le marabout africain, au cas où... Je vais charger le Agatha made un USA, mais j ai eu un problème de câble (quand je dis que c est la loi des séries). J y crois!