La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Le faire ou mourir", Claire-Lise Marguier

"Le faire ou mourir", Claire-Lise Marguier

"Il y a le ciel au dessus de moi, mais je le vois pas."

Damien est un garçon trop sensible, méprisé par ses copains de classe depuis toujours et incompris de ses parents. Dès l’arrivée dans son nouveau collège, il se retrouve par miracle sous la protection de la bande de gothiques et de son leader, Samy, un garçon lumineux, intelligent et doux, en dépit de son look radical. Très vite, Damien devient Dam, adopte piercings et vêtements noirs et, surtout, trouve auprès de Samy un véritable ami, et peut-être plus, au point de déclencher des représailles chez son père, contre ces "mauvaises fréquentations".(...)

Hier soir, je n'arrivais pas à dormir. Alors je suis montée à pas de loup (j'adore cette expression!) me planter devant ma bibliothèque, et j'ai attendu qu'un roman me saute dans les mains aux yeux. Le Faire ou mourir, c'est un titre phare de la blogo, un titre qui a fait le buzz, qui a été chroniqué par tout le monde ou presque à sa sortie, la plupart du temps dans des termes plus qu'élogieux. J'ai toujours peur de ce genre de livres-que-tout-le-monde-adore, pas tellement peur d'être en porte-à-faux avec l'avis général (non, ça vous vous doutez bien que je m'en fous ), mais plutôt d'en attendre trop, d'en savoir trop, et donc de tomber de bien trop haut. Donc j'ai laissé couler ce livre au fond de ma pal, et c'est parce qu'une élève l'a choisi que j'ai décidé de l'ouvrir enfin. J'ai oublié tout ce que j'en avais lu, je n'en garde qu'une vague sensation positive, sans pression ni détails, ni même aucune idée des thématiques abordées, même si le (très moche) titre laisse à penser que...

Oui, je m'égare, je sais, je sais. Mon avis donc. Enfin non, une précision d'abord : j'ai aimé ne rien savoir. J'ai aimer me prendre en pleine tête (et en plein coeur) les fameux mots-clés du roman, ceux qui pullulent sur le Net et qui gâchent la suprise. Du coup, volontairement, mon billet sera vague, très (trop?) vague, pour ne pas déflorer la surprise de ceux qui ne l'ont pas encore lu. 

Cela étant dit, mon avis (enfin!). J'ai passé une bonne partie de la nuit les yeux grands ouverts (et un peu humides aussi) à tourner et retourner cette histoire dans ma tête. Samy et Dam vont longtemps me hanter, c'est certain. Samy, un être solaire, qui aime pas faire semblant, (qui) aime pas les conventions, les règles établies, les formules de politesse qu'on pense pas. Et  Dam, Dam, Dam.Comme de la grêle ou le roulement de tambour avant l'exécution, Dam, qui se sent comme abîmé, qui existe sans vivre vraiment : J'aurais voulu lui dire (...). Que des fois j'étais vide et des fois je bouillonnais à l'intérieur, que j'étais sous pression, prêt à éclater. Que je ressentais plusieurs choses à la fois, comment dire ?Que ça grouillait de pensées dans mon cerveau. Qu'il y'avait une sorte d'impatience, comme l'envie de passer à autre chose, quelque chose qui serait bien mieux que maintenant, sans savoir ce qui allait mal ni ce qui serait mieux. Que j'avais peur de pas y arriver, peur de ne pas pouvoir tenir jusque là. De ne jamais être assez fort pour survivre à ça, et que quand je disais " ça " je ne savais même pas de quoi je parlais. Que j'arrivais pas à gérer tout ce qu'il y'avait dans ma tête. Que j'avais toujours l'impression d'être en danger, un danger permanent, de tous les côtés où je regardais, d'être sur le point de me noyer. Comme si j'étais à l'intérieur de moi le niveau montait et que j'aillais être submergé. Malgré tout, malgré cette souffrance, ce mal-être, cette incapacité au bonheur et au lâcher-prise, malgré le monde extérieur, les mots qui jaillissent en flot continu, parce qu'ils ont été retenus trop longtemps, et malgré les adultes, et la différence et la peur, malgré tout ça, ce roman est plein de lumière, une lumière pure, simple et sincère, comme Dam et Samy, et c'est ce qui m'a vraiment touchée lors de la lecture.

Le problème (car oui, outch, problème il y a eu pour moi) vient de tout le reste. Des personnages secondaires, bien trop caricaturaux et manichéens (de la nuance, bordel, de la nuance!), de l'excès de pathos et de répétitions ( ah, les larmes...), de la surenchère de

qui vient un peu plomber le propos. Et le propos, il est bien assez lourd comme ça, pas la peine d'en rajouter (oui, comme dans la pub). Bref, vous l'avez compris,

C'est aussi ce que je me suis dit en lisant "la fin" (avec "putain de bordel de merde " aussi, je l'avoue), qui m'a un poil agacée par son invraissemblance. Et puis "la fin", quand je me suis dit

parce que bon, comme Queen l'a dit avant moi : too much love will kill you , hein (clic). Je sais, je ne suis jamais contente. Je ne sais même pas ce que j'aurais voulu comme fin, pour être honnête. De la mesure, de la retenue, de la pudeur, et (oserais-je le dire?) un peu plus de subtilité, peut-être?

Ce que je retiendrai de ce court roman, très fort malgré ses défauts, c'est Dam et Samy, assurément. Parce qu'ils vont parler au coeur de bien des ados et je l'espère de bien des adultes, parce que Le Faire ou mourir, c'est la mise en mots d'une réalité qui n'a pas besoin de surenchère et d'artifices pour être cruelle. Et vous serrer le coeur.

 

 

 

 

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Marguerite 16/02/2016 13:43

J'en garde un (vague) souvenir plutôt mitigé. Il ne m'a pas beaucoup marquée, semble-t-il...

jerome 18/01/2016 13:03

Ben moi j'ai pas aimé du tout. Tellement larmoyant. Et puis ces deux fins différentes sont aussi ridicules l'une que l'autre.

LaFée 18/01/2016 16:21

Je ne sais pas pourquoi, ça ne m'étonne pas :-)

Jacqueline 17/01/2016 17:02

Moi, j'ai beaucoup aimé ce roman tant les deux héros m'ont touchée en plein cœur ..... et "les défauts" me sont passés inaperçus .... J'ai été tellement bouleversée par la première fin que je remercie l'auteur d'avoir écrit la seconde .....:)

LaFée 18/01/2016 16:21

Elle dépote, en effet, cette fin :-)