La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Fièvre", Megan Abbott

"Fièvre", Megan Abbott

"On passe son temps à attendre que sa vie commence – ces deux dernières années bourrées de premières fois, où tout était nouveau, terrifiant, signifiant – et puis elle commence pour de bon, et on se rend compte que ça n’est pas du tout ce à quoi on s’attendait ni ce qu’on demandait."

Deenie Nash est une adolescente typique. Avec ses meilleures amies, Lise, Gabby et Skye, elles ne parlent que d’une chose : qui l’a déjà fait ? est-ce que ça fait mal ? Elles échangent ragots et potins par textos interposés. Un matin, en classe, Lise est soudain prise d’une violente crise de convulsions et emmenée à l’hôpital. Dans les couloirs du lycée, on ne parle que de ça. Deux jours après, c’est Gabby qui subit le même type de crise. La panique s’étend à la famille, au lycée et à toute la communauté. Qu’est-il arrivé à Lise et à Gabby ? Est-ce un virus ? Ou, comme le pense la mère de Lise, désemparée, la faute des garçons et l’attrait du sexe ? Les théories du complot les plus fumeuses circulent dans le lycée, d’autant plus que d’autres jeunes filles sont saisies d’étranges symptômes, qui laissent les autorités médicales perplexes et provoquent chez les parents une tempête de protestations. Deenie s’inquiète (...).

Jusqu'ici, à la lecture des romans de Megan Abbott, j'avais toujours un peu pinailler (oui, je sais, comme d'hab', quoi ) : trop ceci, pas assez cela,  (voir ici et ici). Mais cette fois-ci, rien n'est venu tempérer mon enthousiasme, RIEN. J'ai tout ADORE dans Fièvre (et c'est tellement rare que ça mérite d'être écrit en majuscules et en gras) (pour l'ambiance musicale ad hoc, cliquez ). Mon avis en un mot, donc : 

J'ai ADORE l'atmosphère, malsaine, mystérieuse, oppressante, ce lac, cette ville, cette aura particulière, presque (??) surnaturelle. J'ai adoré cette inquiétude constante et cette lancinante question : mais que se passe-t-il donc à Dryden? On sent, on préssent, mais on ne sait pas. Et comme les habitants, on échafaude des hypothèses, plus abracadabrantes et plus irrationnelles les unes que les autres : un virus? une MST? une intoxication?  le lac? l'eau? les gens, les filles, les hormones, les petits bonhommes verts? On ne sait pas, et j'ai adoré ça. 

J'ai ADORE les personnages, aussi, tous, sans exception, même la mère parano et le papa poule, même le hockeyeur tombeur de ces dames et la bitch de service. Bien loin (ouf!) des habituels clichés sur les adolescents, Megan Abbott touche du doigt la fêlure, le côté obscur (et rien à voir avec la Force, je vous vois venir) des jeunes (et des moins jeunes). Les préoccupations adolescentes (le , évidemment, mais pas que), leurs secrets, leurs faiblesses, leurs amitiés et leur rapport aux réseaux sociaux, tout y est, et tout sonne juste. 

J'ai ADORE le rythme enfin, soutenu, diaboliquement tendu : on traverse le roman comme Deenie traverse cette période trouble : sans respirer, le coeur et et les sens en alerte. 

Vous l'avez sans doute compris, j'ai ADORE ce roman, de la première à la dernière ligne . En ce (encore) triste jour pour tous les fans de cinéma et d'Harry Potter, j'ai envie de laisser le mot de la fin à Severus Rogue. Parce que, Always .

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Fanny 15/01/2016 08:42

Ok, c'est bon, il faut que je le lise!

LaFée 16/01/2016 23:16

Viens me dire, surtout!

Marie-Claude 15/01/2016 01:22

Ton enthousiasme est contagieux. Il me le faut!

LaFée 16/01/2016 23:16

Tu m'en diras des nouvelles :-)

Jacqueline 14/01/2016 22:27

L'avis de Cajou, le tien ... et les applaudissements de Severus Rogue....Je ne peux que me laisser séduire ....:)

LaFée 14/01/2016 22:39

Il est très prenant et très juste, il devrait te plaire :-)