La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Une autre vie", S. J. Watson

"Une autre vie", S. J. Watson

"On n'a qu'une vie. (...) (C)elle-ci n'est pas le brouillon de la suivante."

Femme au foyer, Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’'elle apprend la mort de sa jeune sœoeur, Kate, victime d’'une agression à Paris, près du canal de l'Ourcq, elle est sous le choc. Les deux sœoeurs, dont les relations n'ont jamais été faciles, s'étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’'aller à Paris afin d’'en savoir plus sur la vie que menait Kate. Là, elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre en ligne. Le doute s’'insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœoeur n’'était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site Internet que celle-ci utilisait. Mais, à l’'âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux à double titre. Si elle a en effet raison sur les circonstances de la mort de sa sœoeur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ?

Je sais, je vous ai "un peu" abandonnés, mais "c'est pas ma faute, dame, j'vous jure". La reprise à temps plein, déjà, c'est chaud. L'enfant malade et qui file ses microbes à sa mère, c'est chaud. Des tonnes de corrections qui s'empilent, c'est chaud itou. Alors, quand on cumule le tout et qu'on y ajoute une inspection (horreur! malheur! ), je vous laisse imaginer... Du coup, bah, j'avais besoin d'un page-turner, d'une lecture addictive, qui me vide la tête, m'occupe les mains et l'esprit et me fasse oublier tous mes soucis (ça, c'était pour la rime pourrie). Alors, forte du souvenir que m'avait laissé le premier roman de l'auteur, j'ai lu Une autre vie et..., il a comblé toutes mes attentes .

Je l'ai lu dans mon bain, debout dans le bus, entre deux cours, et même en catimini sous mon bureau pendant une interro (), le moins que l'on puise dire donc, au risque de me paraphraser moi-même, c'est que c'est un thriller "qui fait le job" : suspense, tension, fausses pistes et chausse-trappes, hypothèses tricotées patiemment aussitôt détricotées, et à chaque fois que je pensais avoir "tout compris",

Ok, certains éléments (oui, c'est une spéciale Pierre Bellemare)

un peu trop, même, surtout dans la dernière partie. S.J. Watson doit pourtant savoir que trop de rebondissements tue le rebondissement, et pourtant, il nous livre ici une illustration parfaite de l'adage : un peu de téléphoné, un peu de wtf, un peu de too much, et le tout apparait comme relativement bancal. Mais qu'à cela ne tienne, j'ai envie de dire, même si les motivations de certains personnages et le dénouement abracadabrantesque m'ont fait levé les yeux au ciel, j'ai tellement été tenue en haleine par ma lecture que je ne peux pas en vouloir à ce brave S. J.

Si elle est moins originale et moins dingue que celle d'Avant d'aller dormir, la thématique de ce deuxième roman n'en est pas moins actuelle et intéressante : les rencontres sur Internet, la tentation de s'inventer une vie, d'être celle ou celui que l'on n'est pas mais que l'on rêve d'être, ou que l'on aurait pu être "si", les dangers aussi, les mensonges et les dérapages, tout cela sonne (tristement?) juste, et laissera l'héroïne bien plus que

Elle se retrouve en effet dans une merde noire, dans un inextricable bordel où elle a entraîné, malgré elle, bon nombre de personnes de son entourage, et la voir se dépatouiller comme elle peut avec tout ça est assez prenant ( ou effrayant, ou énervant, ou rigolo, selon les moments).

Un début prometteur, qui brasse des thématiques contemporaines et fortes, un personnage principal crédible, que l'on déteste parfois mais à qui (il faut bien se l'avouer) l'on ressemble toutes parfois, un petit clin d'oeil à Berlin et aux années Bowie, un dernière partie où la tension va crescendo et à laquelle on pardonne même ses petits défauts, S. J. Watson aurait-il tout bon? Que nenni, ma bonne dame, que nenni. Dans le deuxième tiers du roman, l'auteur quitte ses habits de thrillerman (oui, j'invente des mots si je veux) pour endosser la guêpière en cuir et le fouet de E.L. James et nous offre des scènes qui, je l'imagine, se veulent

mais qui ont juste réussi à m'agacer. On avait bien compris l'idée générale, pas besoin de nous donner autant de détails salaces et hot hot hot pendant autant de pages, parole de Oie Blanche qui assume :-)

C'était une nouvelle lecture commune avec Cajou (ici),  pour le

à vous les studios.

 

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Delphine-Olympe 17/10/2015 21:27

A noter... quand j'aurai besoin d'un page-turner (et oui, ça m'arrive aussi !)

LaFée 17/10/2015 23:20

Je l'ai trouvé très convainquant dans ce rôle-là:-)

Jacqueline 17/10/2015 17:04

Chouette billet ..... et le dernier gif est trop comique ....
J'ai passé un bon moment de lecture avec ce roman mais je regrette d'avoir compris trop vite de quoi il retournait ...... même si j'ignorais les motivations de la personne coupable ...
J'avoue aussi n'avoir éprouvé aucune sympathie pour l'héroïne ...:)

LaFée 17/10/2015 23:21

Je n avais pas tout deviné non plus, mais j ai trouvé mon plaisir (ahahaha) dans la tension et le suspense plus que dans les révélations:-)

Cajou 17/10/2015 15:19

Oh punaise, je suis morte de rire avec le GIF "scènes hot" hahaha, il est génial !!

LaFée 17/10/2015 23:22

Je le gardais pour une occasion spéciale, celui-là:-)