La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Aristote et Dante découvrent les secrets de l'Univers ", Benjamin Alire Saenz

"Aristote et Dante découvrent  les secrets de l'Univers ", Benjamin Alire Saenz

"Un autre secret de l'univers : parfois, la douleur est comme une tempête venue de nulle part. La matinée la plus ensoleillée peut se conclure par un orage. Par des éclairs et du tonnerre."

Pas de résumé, et par pitié, n'allez pas lire ceux que l'on trouve partout sur Internet, ils en dévoilent tous beaucoup trop!

Non mais vous avez vu cette sublime couverture? Ajoutez-y l'enthousiasme de bon nombre de lecteurs (Cess en tête, ici), et vous comprendrez un peu mieux pourquoi j'ai même tenté de le lire en anglais. Sauf que, bah, je peux bien vous le dire : je n' y arrive pas. Mon mononeurone surchauffe, je lis les mots, je comprends les phrases, mais impossible de rentrer dans l'histoire, je reste à l'extérieur de ce qui se passe au-delà du texte. Groumf. J'ai donc dû prendre mon mal en patience et attendre la sortie en français de ce que j'espérais bien être un de ces romans qui font battre mon coeur bien plus fort. Un coup de baguette Cajou magique (encore ) plus tard, 125487 copies plus tard, moins d'une semaine plus tard (impatientes, nous?), nous voici Cajou et moi dans les starting-blocks

Je ne pense pas trop m'avancer en disant que pendant les quelques (trop courtes) heures de lecture, nous étions toutes les deux

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'Univers, ce n'est pas un roman haletant, foisonnant, ou n'importe quel autre adjectif en -ant (le retour!) du même genre. Je l'ai écrit des dizaines de fois sur mon carnet de notes, Aristote et Dante, c'est "simple et mignon". Mais vraiment mignon, pas mignon-neuneu-ringard, plutôt mignon-doux-tendre-et-incroyablement-touchant (oh ben, tiens, un -ant!). C'est un roman dans lequel on se sent bien, tout simplement. J'ai aimé Ari dès les premières lignes, Ari qui ne sait pas trop qui il est, qui pense que le problème c'est que (sa) vie (est) l'idée de quelqu'un d'autre, qu'avoir quinze ans (est) la pire tragédie qui soit, Ari et ses règles, Ari en manque de son frère dont personne ne parle jamais, Ari et ses colères, Ari et son père, et sa mère et sa tante et.... J'ai aimé Ari, et Dante. Dante, solaire, profondément beau, et drôle, et intelligent, qui n'a pas honte, jamais, ni d'aimer ses parents, ni d'être ce qu'il est même s'il ne sait pas encore exactement quoi. J'ai aimé Ari, et Dante, et leurs parents. Des parents aimants, qui essaient de construire avec leurs enfants une relation de confiance, basée sur le respect, l'écoute et l'humour, des parents qui s'aiment aussi, des adultes avec leurs failles et leurs faiblesses, loin des caricatures habituelles des adultes dans la littérature "ado". J'ai aimé..., je les ai tous aimés, en fait, tous sans exception, même Legs.

Vous l'avez compris, rien de grandoliquent : des phrases simples, des chapitres courts, des aventures crédibles et ordinaires (ou presque), des personnages ni trop beaux ni trop parfaits, et pourtant, Aristote et Dante a quelque chose de particulier, et de très fort. Bien sûr on n'échappe pas à quelques clichées et coïncidences grosses comme des maisons, bien sûr le tout est assez convenu, mais quand même... Derrière sa façon de ne pas y toucher et de nous raconter une histoire croquignolette, Benjamin Alire Saenz aborde en filigrane des questions universelles sur la découverte de soi et des autres ainsi que des thématiques délicates, mais le tout avec tellement d'humour et à travers des personnages que l'on voudrait si souvent serrer dans nos bras que ce qui aurait  pû être plombant passe comme une lettre à la poste (l'histoire se passe dans "un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître", à l'époque où l'unique moyen de garder le lien était de s'envoyer des lettres, ou de se téléphoner d'un poste fixe. Jurrasic park, quoi ).

Je vous laisser admirer ce tableau (si cher à Dante et si juste, comme cette histoire, en somme) et découvrir le billet de Plume de Cajou, ici.

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Jacqueline 04/07/2015 09:22

Je dois dire que ce roman ne me tente guère ......Je ne pense pas qu'il pourrait me plaire ...:-)

LaFée 04/07/2015 12:14

Je te confirme que tu ne l aimeras pas, cœur de pierre (mwahahaha)