La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Les belles choses que porte le ciel", Dinaw Mengestu

"Les belles choses que porte le ciel", Dinaw Mengestu

"Ce sont toujours les premier et dernier pas les plus durs"

Un couverture toute colorée, un titre poétique qui fait référence à La Divine Comédie, oui, mais après?

Le jeune Sépha a quitté l'Ethiopie dans des circonstances dramatiques.Des années plus tard,  dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d'amertume qui leur tient lieu d'univers et de repères. Mais l'arrivée dans le quartier d'une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser cet équilibre précaire...

Après? Ben pas grand chose, en fait.

Il ne se passe rien, dans ce roman, absolument rien. Je me demande presque si l'immobilisme des personnages et l'absence d'intrigue ne sont pas là en guise de métaphore de la vie des migrants, c'est dire. Pardon? Vous trouvez ça tiré par les cheveux? Moi aussi, mais je cherche désespérément une explication. Oh bien sûr, certains passages sont très jolis, esthétiquement parlant. Ils sont attachants, ces Africains à la recherche d'El Dorado, et c'est bien triste de voir leurs rêves se briser, d'assister à leurs tentatives désespérées pour garder la face. On se surprend à sourire de leurs jeux des chefs et coups d'Etats, à l'évocation de leur arrivée en Amérique, on trouve Naomi choupinette et un peu Kadafette aussi (), on aimerait, quand même, que Judith se bouge le c*l et que Sépha se comporte un peu comme un homme, que diable! Mais rien n'y fait, je me suis ennuyée. Et pourtant, en le refermant, je me suis dit " quel beau roman". Oui, bon, vous le savez, je ne suis pas à une contradiction près . C'est une jolie illustration de ce que représente être un "étranger", où que l'on soit, quoi que l'on fasse, c'est vrai. Dinaw Mengestu nous parle de déracinement, de déception, de mandats postaux, d'amitié, d'amour, de la vie, finalement, et des les belles choses que porte le ciel.  Certains verront dans ce roman de la pudeur, voire de la sagesse, je n'y ai vu que du fatalisme : Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait ainsi longtemps que je vis ainsi, en suspension. J'ai lu  quelque part une référence à la langueur africaine, comme une explication à cette désagréable sensation d'immobilité. Peut-être. Ou peut-être pas, puisqu'aucune once d'espoir ne semble trouver sa place dans la vie de nos personnages, et moi, un roman qui se termine par de tels mots, ça me déprime :  Nous titubons à l'aveuglette d'un endroit et d'une vie à l'autre. Nous essayons de faire de notre mieux. Il y a des moments comme ça, cependant, où nous ne bougeons pas et où tout ce que nous avons à faire est de regarder en arrière vers la vie que nous avons menée. .

Hop, rien que pour vous, la BO de ma lecture (que voulez-vous, les mots du titre...)

Edit : l'avis de Roxane L.

Premièrement l'une des raisons pour lesquelles je n'ai pas apprécié le roman était tout simplement la structure dans laquelle le livre a été organisé. Le fait que le roman soit divisé en chapitres alternant entre le passé et le futur m'a débousolée. Effectivement , lorsque j'arrivais à la fin du 7ème chapitre (qui racontait le passé) , je lisais ensuite le chapitre 8  (qui racontait  le moment au présent.) Lorsque j'arrivais ensuite au chapitre 9 , l'histoire racontée était celle du passé c'était donc la suite du chapitre 7. Mais lorsque j'arrivais au chapitre 9, je ne me souvenais plus ce qui s'était passé au chapitre 7 je devais donc retourner en arrière pour me refaire une idée pour pouvoir bien comprendre ce que je lisais.  Cela m'a fait perdre du temps dans ma lecture et surtout ça à rendu ma lecture difficile.

Deuxièmement , l'une des raisons pour laquelle je n'ai pas apprécié le roman , était le vocabulaire que j'ai trouvé assez vulgaire à certains moments du livre : "sales lesbiennes",  " les putes", "bordel".

Troisièmement , j'ai trouvé que le livre était beaucoup trop détaillé , certaines informations n'etaient pas nécessaires à savoir pour pouvoir continuer le fil de la lecture comme les descriptions des villes par exemple .Cela a rendu  le livre beaucoup trop lent et donc  provoqué un ralentissement de ma lecture.

Quatrièmement , c'est  tout simplement l'histoire que je n'ai pas appréciée. Le thème principal je ne l'ai pas du tout aimé. Lorsque je l'ai lu le  résumé, je m'attendais à une histoire avec de nombreux rebondissements et péripéties mais en réalité, il n'y avait rien de tout cela . Le thème de la guerre en Ethiopie, certes est un sujet qui est très touchant j'ai d'ailleurs ressenti beaucoup d'émotions lorsque Sépha nous racontait comment son père avait été ammené mais pour pour moi, ce n'est pas du tout le genre de livre sur lequel je me tournerais en premier lieu si je savais qu'il traiterait de ce genre de ce sujet et qu'il serait raconté d'une telle manière.

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Jacqueline 08/06/2015 17:00

Oh là là ..... Immobilisme, fatalisme ...... et les derniers mots du roman ....... Je passe .....:-)

lafée 10/06/2015 11:05

Disons que c'est un état d'esprit qui ne nous convient pas :p

Marie-Claude 08/06/2015 16:55

Punaise... Il est dans ma PAL, pour mon challenge USA. Ça ne donne pas trop envie, dis donc. Mais j'ai bien hâte de me faire ma propre opinion. On verra bien!

lafée 10/06/2015 11:06

j'ai très envie de connaître ton avis, justement :-)