La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Les réponses", Elizabeth Little

"Les réponses", Elizabeth Little

"Tu me fais trop pitié tu m'soules vas-y parle à ma main
Si t'as pas compris ça veux dire oublie moi hum hum
J't'écoute pas t'existes pas donc vas-y parle à ma main
Si t'as pas compris ça veux dire non m
erci hum hum. "

(et ouais, carrément Fatal Bazooka, ici, pour les fans (ou les motivés)).

Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de sa mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Elsinger. Dix ans plus tard, suite à une enquête sur la manipulation de preuves par le laboratoire de police scientifique de L.A, Jenkis sort de prison, sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière. Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. Ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui vont la conduire à aller chercher les réponses à toutes les questions qu’elle se pose dans une petite ville du Middle West.

, le retour.

Non mais vous imaginez? 432 pages pendant lesquelles j'ai eu envie de hurler à Jane

(Pardon, je suis vulgaire) Et pourtant, j'ai lu ce roman jusqu'à la dernière ligne. Parce que j'y ai cru, moi. J'ai cru que la rumeur disait vrai, et que j'avais entre les mains une petite pépite de thriller. NO WAY, les gens, NO WAY! Les réponses? Ok, on a des réponses (à la fin des 432 interminables pages),  mais le souci, c'est qu'on se contrefout des questions!

Démonstration par l'absurde, ou comment je me suis fait avoir on (comprendre Monsieur (oui, pour moi, c'est un Monsieur, allez savoir pourquoi) Sonatine) (ça fait beaucoup de parenthèses, non?) on  nous a menti, donc...

Un premier roman? Franchement, la bonne nouvelle, ce serait que ce soit le dernier, pas le premier!

Une héroïne à laquelle on s'attache instantanément? Ah, mais parlons-en, justement, de cette héroïne. Jane Jenkins, un mix entre Paris Hilton et Nabilla, faux cils et talons hauts, ex-reine du Glamour (ex, ben oui, la tenue orange des prisonnières, c'est anti-fashion), qui adore faire sa connasse et se trémousser en boîte contre une tripotée de mannequins bien gaulés, jure comme un charretier (j'aurais dû compter les bordel, putain et autre merde qui ponctuent le récit, tiens), et surtout, surtout ( sinon, il n' y aurait pas d'histoire, vous comprenez?), ne se souvient absolument pas si c'est elle qui  a oui ou non tué sa mère. Et si ce n'est pas elle, qui alors? (Hahum. A bien y réfléchir, l'absurdité du point de départ aurait dû me sauter au yeux dès la lecture du pitch. Damned, il n'en fut rien!) Du coup, une fois libérée pour les raisons que l'on connait (et tout le monde sait que les preuves, aux Etats-Unis...), la voilà partie à la recherche de Réponses. Déjà, elle est fortiche. Elle a la cervelle de la taille du sac à main de Kim Kardashian, mais elle vous trouve une piste (enfin, LA piste) en moins de temps qu'il ne lui faudrait pour épeler son nom de famille. Dingue. Elle est tenace aussi, elle creuse, elle creuse, dans la poussière de cette petite ville paumée, elle exhume des secrets et des "preuves", elle rencontre des pequenauds, une couple de lesbiennes (très à la mode, le couple lesbien, très fashion ça par contre, bravo madame Little pour votre ouverture d'esprit), elle porte des vêtements dignes de Caroline Ingalls, et elle cherche, elle cherche, et nous, on s'ennuie, on s'ennuie. Ah, j'oubliais de vous dire que Jane, elle est aussi au centre d'un triangle amoureux digne des meilleurs soaps américains, tiraillée (enfin, pas trop) entre son avocat redresseurs de torts (Il a été ma rédemption par procuration. La Madame de Tourvel de mon Valmont intérieur. La Hillary de mon Bill. La Cindy Lou de mon Grinch. Oui, Jane est aussi poète, entre deux fuck) et le flic désabusé bouseux mais sexy du coin. Une scène de sexe, les amis. Et même ça, c'est poussiéreux. Bon, vous l'avez compris, Jane est insupportable, égocentrique, sans profondeur ni intérêt, une véritable

 Elizabeth Little rejoint d’emblée le club très fermé des S.J. Watson, Harlan Coben, Mo Hayder et autres Gillian Flynn. A la lecture de ces mots

Tu es un vilain menteur, Monsieur Sonatine, vilain, vilain, vilain. Même le plus mauvais des Coben tient plus la route que Les Réponses. Tu essayes de nous vendre du rêve, tu nous fais espérer en citant ces romans qui nous ont tenus en haleine, EUX, qui nous ont fait frémir, EUX, et qui ne sont pas écrits avec les pieds, EUX. Parce qu'il faut le dire, monsieur Sonatine,  toi qui aime les comparaisons, le style d' Elisabeth Little, il ressemble à la conversation de Charles Bovary : plat comme un trottoir de rue ;  les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Beaucoup moins vendeur, tout de suite, non?

Il est ensuite question de suspense impressionnant et d'intrigue machiavélique proprement addictive. Il faut croire que l'on n'a pas lu le même livre. Suspense? Quel suspense? Celui de savoir si oui elle est coupable? Celui de la véritable identité de sa mère? Celui de la découverte de ceux-qui-pourraient-être-de-sa-famille? Celui des trésors cachés? Celui de son choix amoureux (Noah ou Léo? Léo ou Noah?)? Et l'intrigue? Mais quelle intrigue? C'est la découverte du responsable de la mort de son insupportable (oui, elle aussi) mère qui est machiavélique? Allez, quoi, on dirait un scénario de Dora! Honnêtement, tout ça,

Sinon, de quoi ça parle? Des travers de notre société? Ah ben oui, une pauvre petite fille riche, une Amérique reculée, une rencontre qui fait des étincelles. Mais un couple de lesbiennes, je le rappelle, l'honneur est sauf, l'Amérique aussi. Un gentil avocat qui se fait ba*ser ( métaphoriquement seulement, là est bien tout le problème) par une sale gamine pourrie gâtée qui nous raconte pendant des pages et des pages comment elle dominait le Monde, mais ça c'était avant, maintenant, elle a changé, vous voyez, elle a compris qu'elle faisait fausse route (blablabla).  C'est pertinent, tiens, la rédemption, l'auto-prise en charge, tout ça, autant que

Vous l'avez compris, mon voyage dans le Middle West

Je suis contente d'être rentrée à la maison.

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Commenter cet article

Constance 18/08/2015 20:15

J'avais tellement envie de lire ce livre :( Tu casse mon enthousiame hihi! Mais très drôle ton article! Juste assez méchant ;)

LaFée 18/08/2015 21:21

Cruella est mon deuxième prénom

Laurinouchka 30/04/2015 09:38

J'ai parcouru le bouquin hier par curiosité chez mon libraire....
Effectivement, je comprends bien ta déception...

Laurinouchka 29/04/2015 17:09

J'ai adoré ton billet !!

Il m'a dégoûté du bouquin (pas encore acheté, ouf!) mais il m'a fait sourire (je sais, je suis cruelle!).

Je vais passer mon chemin...

LaFée 29/04/2015 17:12

Cruelle? Mais nooooon :-)

LaFée 29/04/2015 16:46

Merci beaucoup :-) j'ose dire que je ne sais pas ce qu'est une communauté ? :-)

Bernieshoot 29/04/2015 16:42

Bonjour,
je découvre votre blog et j'apprécie le ton de vos chroniques, je n'avais pas retenu ce livre car j'avais vu des critiques pas très positives.
Pour information j'ai une communauté littéraire " livres Ô blogs" sur overblog et si vou ssouhaitez nous rejoindre vous y êtes la bienvenue.

Cajou 24/04/2015 23:40

Punaise, tu n'imagines même pas comme j'ai envie de CHIALER de devoir le lire après avoir lu ton billet... punaise, 432 page sà subir ça :'( Ouuiiiinnnnnnn :'(

LaFée 25/04/2015 10:30

Les avis sont partagés, Yvan a adoré par exemple. Tu aimeras peut-être Jane, mais je suis certaine que, comme moi, tu trouveras l intrigue inintéressante.... J attends ton avis avec impatience! Courage :p

Jacqueline 24/04/2015 20:19

J'ai ADORE ton billet .... sans parler des gifs ....:-)
Evidemment, à cause de toi, je commencerai le roman en m'attendant "au pire" .........Qui sait ? Peut-être serai-je séduite ? :-)

LaFée 25/04/2015 10:31

J attends ton avis, Jacqueline, mais je doute que la ville-dont-on-ne-peut-pas-dire-le-nom te plaise...

sophie 24/04/2015 16:25

te l avais dit non ? par contre qui va chanter parle à ma main toute la soirée ?

LaFée 25/04/2015 10:31

Et tu avais raison!

Marguerite 24/04/2015 18:40

En alternance avec Oldelaf?

Marguerite 24/04/2015 15:05

Yeah ! Un gif Kaamelott ! Elle est des nôôôôôtres !
(et j'aime toujours autant ton Bellemare!)

A part ça? Le roman? Quel roman?

LaFée 25/04/2015 10:32

J avais déjà mis ce Bellemare là? Je perds mes tartines dis donc!