La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Un vent de cendres", Sandrine Collette

"Un vent de cendres", Sandrine Collette

"La mort (...) est une blessure. Comme toute blessure, elle guérira, de gré ou de force. Mais elle laissera une cicatrice. Qui (...) fera mal par mauvais temps, quand la pression atmosphérique sera trop haute. Ou quand il y aura du vague à l'âme, comme on dit qu'il y a du vent. Une cicatrice refermée qui restera l'endroit le plus fragile d(u) corps et de (l') âme. "

Evitez de lire la quatrième de couverture, elle dévoile tout :-) Dix ans plus tôt, un accident de voiture, des vies qui volent en éclats. Dix ans plus tard, un domaine champenois, la semaine des vendanges. Malo et Camille, Octave et Andréas, la jeunesse et l'insouciance, la douleur et la folie. Quand son frère disparait, la jeune fille n'a qu'une idée en tête, le retrouver, même s'il faut pour cela s'aventurer au-delà des limites fixées par le Quasimodo des lieux et son ami complétement barré enfermé dans sa chambre tout là-haut...

Comment vous dire? Il commençait plutôt bien, ce roman, et puis, patatra.

Le grand talent de Sandrine Collette, c'est de faire de la Nature un personnage à part entière : les Vosges dans Des noeuds d'Acier, les vignes d'un domaine champenois dans Un vent de Cendres, à chaque fois, on s' y croirait. Tous les sens sont en alerte, j'ai presque senti sur ma langue le goût des raisins que croquait Camille, le vent dans mes cheveux, la pluie qui dégouline sur le ciré et le soleil qui tape si fort... Mais la Nature est dangereuse, avec Sandrine Collette, le lac, la forêt, comme une menace sourde qui vous fait frissonner et regarder derrière vous...

La tension s'installait peu à peu, les deux vieux zinzins m'avaient l'air délicieusement pervers et tordus, comme Camille j'avais envie de retrouver Malo et de percer le mystère des propriétaires du domaine. Sauf que, sauf que, tout est parti en cacahuètes quand Octave et Camille nous ont rejoué Notre-Dame-de-Paris ( genre ça) / Angélique marquise des Anges et le beau ballafré / La Belle et la Bête. Ridicule, et pas crédible. Quant au twist final, celui qui devait nous clouer sur place dans un "oufti" retentissant, ce fut un gros flop, puisque je l'avais deviné depuis bien longtemps, que les ficelles étaient grossières et le procédé éculé.

Pour rester dans le ton, je dirais donc qu'Un vent de Cendres ne tient pas la longueur, et qu'il est bien plus proche d'une piquette que d'un grand cru. Badaboum.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Jacqueline 26/02/2015 08:19

Une déception pour moi aussi ..... et pourtant tout avait si bien commencé ....... dommage .....