La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Les mensonges ne meurent jamais", Séverine De La Croix

"Les mensonges ne meurent jamais", Séverine De La Croix

"Laissez-moi me débattre, venez pas m’secourir, venez plutôt m’abattre pour m’empêcher d’souffrir "

Amis de la demi-mesure, du politiquement correct, de la pommade et autres enrobages, passez votre chemin. Ce billet va être odieux, et plein de  spoilers, parce que ( et vous aimez ça, avouez-le!).  Avec cette chronique, j'inaugure une nouvelle catégorie, le

Et croyez-moi, pour commencer, c'est du lourd que je vais vous proposer. J'aurais dû me méfier dès la lecture de la quatrième de la couverture. Rien, en fait, elle ne disait rien, nada, que dalle (Une Femme qui disparaît. Un couple en danger. Les terribles secrets d'une famille. Un compte à rebours implacable), ce qui est assez logique  pour un roman vide, plat, creux, en toc, biffez les mentions inutiles (ahahaha, je vous ai bien eus, y'en a pas!).

C'est l'histoire (qui n'en n'est pas une) de Manon Sagier de Hautefeuille, de sa disparition (qui n'en n'est pas une), de sa famille (qui n'en n'est pas une non plus), de son couple (qui n'en est pas vraiment un), de sa quête de Vérité (et toutes les vérités...) et des conséquences que peut avoir toute une vie de Secrets. Honnêtement, j'ai envie de dire

Avec la meilleure volonté du monde, je ne trouve rien à sauver dans ces 301 pages de grand n'importe quoi. A croire que " rien" est la meilleure façon de désigner ce texte (quoique, "daube sans nom" n'est pas mal non plus). Dans un chapitre sur deux, on assiste à un interrogatoire de police mené de main de maître (aheum) par le flic pequenot du coin, Michel, qui descend de son père et de sa mère et se retrouve confronté à un clan d'aristos ultra-protestants, dignes descendants (eux!) de Calvin et de Je-ne-sais-plus-qui-et-on-s'en-fout (comme du reste) qui cachent des secrets gros comme des maisons mais qui finissent par cracher le morceau en moins de temps qu'il n'en faut pour épeler leur nom de famille. Fortiche ce Michel. Dans l'autre chapitre, Manon face à son Destin. Et là, et là, après deux épisodes,

 Jugez plutôt : la Collaboration, la spoliation de pauvres juifs (qui n'avaient rien demandé, merde quoi!), les mariages arrangés (dont on s'arrange très bien), les enfants bâtards, un faux Alzheimer (original, et hyper crédible, non?), le pouvoir de l'argent, l'Amour perdu qui rend fou, l'inceste, le viol de mineur (enfin, pas exactement) ( du lourd, hein? Je vous l' avais dit), le presque inceste (ou comment vous vous retrouvez nue devant votre père (qui ne sait pas qu'il l'est, et vous non plus, l'Honneur est sauf) qui vous pelote les seins alors que vous ne pensez qu'à une chose : vous faire sauter par cet homme tellement plus âgé (et pour cause)). La TOTALE CLASSE, non? Un joyeux bordel aussi, une écoeurante litanie de secrets dévoilés (merci au journal intime sorti comme par magie de la cachette dans laquelle il reposait depuis des années), plus abracadabrants les uns que les autres. Et la fin, mais la fin, le twist final, le Superhuit du n'importe quoi, le final le plus WTF que j'ai lu depuis longtemps....Ca fait rêver, non?

Et je ne vous ai pas encore parlé du style de l'auteur (je ménage mes effets, vous comprenez?). Que préférez-vous? Les lieux communs d'une banalité affligeante? Nicolas croit en quelque chose : il croit en l'amour! Et ça, ça vaut tous les dieux de la terre! Nicolas m'attendait à l'appartement, un sac rempli de croissants dans une main et un bouquet de roses rouges dans l'autre. J'ai jeté mon orgueil à ses pieds et je l'ai embrassé avec amour. Elle n'était pas seulement belle selon lui, elle était l'incarnation de la pureté et  de la douceur. Ca veut dire que vous vous êtes aimés avant même de savoir qui vous étiez l'un pour l'autre. . Les comparaisons et images  poétiques  à deux balles? Je me suis approchée de lui, plus vibrante qu'un astre en pleine nuit. J'ai eu envie d'une cigarette tout à coup. D'une gigantesque cigarette qui n'en finirait pas de se consumer. Je voyais déjà les portes de l'enfer s'ouvrir devant moi, les diables m'appeler, la queue (vous aussi, vous vous dites que, quand même?)  frétillante à l'idée des supplices qu'ils allaient m'infliger. Elle brillait tel un soleil. Comment avait-elle pu se ternir à ce point? (...) pour anéantir une généalogie foutue sur laquelle seules des ronces bordées d' épines empoisonnées pouvaient désormais pousser. . Ou alors, vous êtes vraiments courageux, vous aimez les sensations fortes, et les mots qui le sont tout autant. Inceste, donc, souvenez-vous. Elle saigna, beaucoup, le pénis expérimenté de son père ayant fouillé trop profondément dans son corps à peine défloré.  

Franchement, il y a eu des moments où j'hésitais entre chanter

et

Du début à la fin j'ai trouvé ce livre mauvais, et mentir, faire semblant, la jouer sympa alors que...,  vous le savez bien,

 

 

 

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Julie 06/02/2015 01:04

MDR
Mais comment comment donc as tu fait pour le lire jusqu'AU BOUT

LaFée 06/02/2015 14:26

En pensant très fort à ce billet, Julie :-)

paikanne 05/02/2015 18:06

Ah, merci la Fée pour ce bijou ;-)

LaFée 06/02/2015 14:24

Avec plaisir, madame :-)

argali 05/02/2015 12:57

MDR
Lisant encore beaucoup des daubes comme celle-là, j'ai trop ri en parcourant ton billet ! Merci !

LaFée 06/02/2015 14:23

Je suis désolée, mais on ne peut pas effacer ou modifier les commentaires sur Overblog, Argali :( Mais tout le monde a bien compris, ne t'inquiètes pas :-) Par contre, honnêtement, je ne crois pas que je vais délibérément continuer à lire ce genre de daubes :p

argali 05/02/2015 12:59

Vite efface cette horreur ! Je suis vraiment trop fatiguée !
Lis-en, bien sûr. *rouge de honte*

jerome 05/02/2015 12:31

Oui, j'avoue, j'aime ça !!!! Pauvre de toi, tu donnes beaucoup de ta personne pour nous faire rire. Je n'aurais pas supporter tant de nullité plus de 20 pages je pense. Chapeau bas madame !

LaFée 06/02/2015 14:21

Disons que
- c'était un SP, je me sentais obligée de le terminer
- j'étais tellement sidérée que je tournais machinalement les pages
- très vite je me suis dit que c'était une daube mais que ça ferait un excellent billet

D'après toi, quelle est la véritable raison parmi ces trois propositions? :-)

Cajou 05/02/2015 11:26

Eh beh quel billet, je me suis marrée d'un bout à l'autre ^^
La phrase précédée du "smiley qui gerbe" aurait mérité 10 smileys qui gerbent. Je suis dégoutée.
Et mon gif préféré est le tout dernier, c'est tout à fait toi hahahah :D :D :D

LaFée 06/02/2015 14:18

Moi? Mais enfin, je ne vois pas du tout pourquoi? (a)

Alice 05/02/2015 10:00

Je pleure de rire!!!!! Mais comment peut on écrire des phrases comme ca??? Le penis expérimenté ...

LaFée 06/02/2015 14:17

Je ne sais pas, vraiment pas. C'est risible dans l'absolu, dans le contexte c'était plutôt odieux, vraiment :-(

Stephie 05/02/2015 09:43

Oh j'en ai les larmes aux yeux ! Merci pour ce fou rire !

LaFée 06/02/2015 14:16

Mais de rien!

Jacqueline 05/02/2015 08:07

Oh, quel billet ! Que j'ai ri ! Un pur morceau d'anthologie .... et le choix des gifs, excellent !
Je partage ton avis ...... d'ailleurs, c'est un roman que je ne tenais pas à garder, aussi je me suis empressée de le donner aux "Petits Riens" ...:-)