La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Wild", Cheryl Strayed

"Wild", Cheryl Strayed

"Dieu n'était qu'un connard sans pitié." (ah non, pardon, ça c'est mon ordinateur)

Lorsque, sur un coup de tête, Cheryl Straye enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junkie, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune femme n'a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le "Chemin des crêtes du Pacifique". Lancée au coeur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même.

Dans la morosité de cet interminable mois de janvier, je peinais à trouver un roman  qui m'emporte et chatouille mon coeur. Puis j'ai lu le joli billet de Cajou ( clic, elle a choisi les images parfaites pour illustrer son avis) et son " feel good book" a résonné en moi. Inutile de vous dire que j'étais déjà en mode 

10 pages plus tard, dans le train, j'étais 

J'avais failli m'étouffer et mourir en comprenant ce que je savais déjà. J'allais devoir passer le reste de ma vie sans ma mère. Ces quelques mots m'ont brisé le coeur, littéralement. Le chagrin de Cheryl est devenu le mien, j'ai aimé sa famille, très fort, j'ai aimé sa mère, leur relation bancale mais débordante d'amour, j'ai aimé leur jeu, celui auquel chaque mère sur terre joue avec ses enfants ("comme ça? non? plus grand alors?"), j'ai aimé son frère et sa soeur, j'ai aimé Lady (Mon Dieu quelle scène!), j'ai aimé cet homme qui lui a appris à faire du canoë, j'ai aimé Paul presque autant qu'elle (mais quel gachis!). L'universalité de son chagrin m'a frappée de plein fouet, et j'ai très vite compris que Cheryl avait ce rare pouvoir d'être le personnage qui est chacun de ses lecteurs. Pourtant, rien de grandiloquent ou de grandiose chez elle, non. Une humanité, simple et belle, des mots qui font mouche : L'amour qu'elle nous portait était impossible à représenter. Il n'était ni quantifiable ni mesurable. Il représentait les dix mille choses connues dans l'univers selon Tao Te Ching, plus dix mille autres. Son amour était retentissant, universel, sans fioriture. C'est cet amour qu'elle a pris sur son dos et transformé en Coccinelle Volkswagen semi-portable. Cet amour, ce chagrin, ce coeur troué bientôt rapiécé, c'est tout ça qui m'a fait plonger dans Wild

Et puis, très vite, aussi, j'ai été 

 

J'ai eu mal aux pieds. Et au dos. Mais surtout aux pieds. Ouille Ouille Ouille. Je ne pensais pas que l'on pouvait souffrir autant, surtout délibérément. Et j'ai admiré le courage, la pugnacité, le côté tête brulée "même pas peur" de Chéryl. Et j'ai ri, aussi, beaucoup, j'ai compris pourquoi Cajou faisait référence à Bridget Jones et j'ai à nouveau plongé. Parce que contrairement à Into the Wilde que j'avais trouvé sublime mais déprimant, Wild souffle un petit vent de folie. Entre les fourmis, les ours, les chacals et les gros lourds, entre les coups du Sort ( merci La Poste) et les snickers, et même si Chéryl profite de ces milliers de kilomètres pour "réfléchir", on est (heureusement) loin de l'introspection plombante qui vous donne juste envie de suivre le même chemin que ses chaussures. Oui, à nouveau, une ola pour Cajou, c'est un roman lumineux, parce que Chéryl est lumineuse, quoi qu'elle en dise ou pense. Une guerrière. Une warrior. C'est plein de bons sentiments, c'est vrai, de ceux qui font du bien, mais ce n'est pas pour autant dégoulinant de guimauve, c'est juste...juste, du début à la fin.

Enfin, au fil des pages, j'ai googelisé beaucoup, et à chaque fois le même constat.

Les lieux traversés et décrits sont encore plus beaux en vrai. Le Pacific Crest Trail, au total, c'est 4204(??!!) km de sentiers, de sommets enneigés et de déserts arides, de lacs et de paysages à vous couper de souffle, mais c'est aussi (et Google nous prouve que Cheryl n'invente rien), les bons plans échangés, les boîtes à registres, les points d'eau et les campings à cheeseburger. Faites comme moi, faites défiler les photos ici, laissez-vous porter, rêvez, et même si comme moi la simple vue d'une ruelle en pente vous fait déjà cracher vos poumons, ce n'est pas grave, rêvez, ça ne coûte rien. Et regardez la bande-annonce, elle vous donnera autant envie qu'à moi d'aller voir l'adaptation cinématographique, j'en suis sûre. 

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Noctenbule 28/01/2015 21:41

Alors si ce billet ne donne pas envie de lire le roman, je ne sais pas ce qu'il faudrait :)

LaFee 28/01/2015 21:45

Héhé merci!!

jerome 27/01/2015 12:42

Il me faudrait ça aussi pour m'évader un peu en ce moment. Là je suis avec les soldats américains en Irak et ça plombe pas, c'est rien de le dire.

LaFee 27/01/2015 14:20

Tu lis " Yellow Birds"? J avais abandonné tellement ça me cassait le moral ... Tu devrais tenter " Wild", crois-moi -)

Cajou 26/01/2015 17:39

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ouiiiiiiiiiiiiiiiii ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii <3

LaFee 26/01/2015 20:19

Cruella, toujours? :p

Jacqueline 26/01/2015 16:40

J'étais déjà séduite par le billet de Cajou ..... le tien achève de me convaincre de lire très vite ce roman ( dans ma liseuse, d'ailleurs )...... même si je crains l'émotion du début ......:-)..... je ne peux résister à l'adjectif "lumineux" .....:-)

LaFee 26/01/2015 20:20

En effet, " lumineux" est l adjectif parfait pour ce roman <3

Cajou 26/01/2015 17:39

Et tu vas voir, ça illumine de partout <3

Marguerite 26/01/2015 15:55

J'ai mal aux pieds (et partout ailleurs, en fait) rien qu'en regardant la bande-annonce :/

LaFee 26/01/2015 20:20

Jocker-)

Marguerite 26/01/2015 18:01

Je parie qu'il y a plein de bestioles tapies dans l'ombre, en plus. Brrrrr

Cajou 26/01/2015 17:40

Attends d'arriver aux passages des ongles arrachés :D