La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"A+2", Sophie Schulze

"A+2", Sophie Schulze

" L'impasse

L’interdit

Le mur

La contradiction contre laquelle je ne cesse de me cogner

La quadrature du cercle

L'aporie de mes démences et de mes échecs."

Parfois, ça tient à pas grand chose. J'ai failli l'abandonner, ce roman. Je l'ai posé hier, à côté des deux autres que j'ai lâchement laissés tomber et qui me regardent depuis d'un air accusateur. Je me suis demandé pourquoi diable A+2 avait atterri dans ma PAL, j'ai cherché le billet de Leiloona ( ici). Et là, un nom. Charlotte Delbo. J' y retourne, on verra bien.

Fin de la deuxième partie. Perplexité, toujours. C'est décousu, presque brouillon, je me perds dans ces interminables successions de noms, de lieux, d’instantanés de vie. Je me perds entre Abu Dhabi et Jérusalem, entre Heidegger et Marx, entre Justice et Philo, je ne sais pas où l'on va, ni surtout pourquoi. Recherche identitaire. Ok. Et après? Je ne comprends pas. J'ai besoin de sens, je ne peux pas me laisser porter sans savoir où le vent l'auteur me mène, c'est mon côté psychorigide sans doute, je m'agace, je tourne rapidement les pages, j'attends.

Et puis. Et puis la troisième et dernière partie. Deux lettres, A. et B. Auschwitz. Birkenau. La voix de Sophie Schulze se mélange à celle de Charlotte Delbo, à celle d'Edith Piaf. Le "je" se fait "nous", tellement vague et précis à la fois. Souffle court.Souffle coupé. Tout fait sens, soudain. Ce n'est pas un "énième livre sur", c'est plus que ça. Difficile de dire quoi, en fait. Mais c'est là, et ça vous vrille le coeur, comme cet extrait du Sacrifice de Tarkovsji qui est cité en exergue :  Une guerre terrorisante, après laquelle personne ne sera vainqueur, personne ne sera vaincu ; il n'y aura plus ni cités, ni villages, plus d'oiseaux sous la voûte des cieux et plus d'eau au fond des puits. Je Te donnerai tout ce que j'ai. Je quitterai ma famille que pourtant j'adore. Je mettrai le feu à la maison, au petit je vais renoncer, muet je deviendrai, et ne parlerai de toute mon existence. Je suis prêt à renoncer à ce qui me rattache maintenant à la vie. Fais Seigneur que tout redevienne comme avant, comme ce matin, comme hier. Que je sois délivré de cette peur affreuse, bestiale, écoeurante, mortelle qui nous étreint.

Un livre comme une errance sans fin, un livre indéfinissable, mais un livre qui laisse une trace, indéniablement.

 

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Jacqueline 20/01/2015 17:54

Même si le roman fait moins de 200 pages, attendre la dernière partie pour que "le sens soit" ... je préfère ne pas tenter ...... En plus, je n'ai pas de "côté Bajo" ..... :-)

LaFee 20/01/2015 17:56

J ai fait mon mémoire chez elle, ça laisse des traces :-)

Cajou 20/01/2015 17:18

2 parties nébuleuses pour arriver à une 3ème qui fait sens.... je passe mon tour ^^

LaFee 20/01/2015 17:21

Mais bon Delbo, le côté fragmente, tout ça, c est mon côté Bajo qui a parlé je crois

LaFee 20/01/2015 17:19

J ai oublié de préciser que le roman fait moins de 200 pages, donc deux parties qui vont vite