La Fée Lit

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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

"Pour ceux qui ont la foi, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui ne l'ont pas, aucune explication n'est possible."

Et bien, voilà ce qui arrive quand on a le doigt qui "hippe" en validant sa participation aux

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Moi qui attendait avec impatience Retour à Little Wing ( mais Jérôme (clic) m'a fait passer l'envie de le lire, finalement....), me voilà avec un roman de chez Zulma, cette maison d'édition qui m'a toujours semblé trop "intellectuelle", trop " prise de tête", trop "jesaispasquoimaisjepassemontour". Le complexe d'Eden B. et moi, on s'est donc regardé en chiens de faïence un p'tit temps. Il était là, sur la cheminée, me narguant de sa jolie couverture, me disant " t'es pas cap", me repoussant à chaque tentative d'approche par sa quatrième de couverture : Cambridge, de nos jours. Au détour d'une allée du campus, Oscar est attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant de la chapelle de King's College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Premier rouage de l'engrenage. Dans l'assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n'est autre que la soeur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique... For-mi-dable, la musique baroque, c'est trop mon truc! Mais parfois, on n'a pas le choix ( jolie rime non?) alors, je lui ai dit, au Complexe d'Eden B. : je vais te lire, et même que 

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Mais honnêtement, les cent premières pages furent une pénitence ( et je pèse mes mots). Alors oui, c'est bien écrit. Trop bien, peut-être. L'écriture est lisse, presque plate, léchée mais sans relief, elle colle à merveille à l'ambiance un peu nostalgico-vieillote de Cambridge et à ce début d'histoire rythmée par, euh, par rien, en fait. La rencontre et le début de l'idylle entre Oscar et Iris étaient tellement dénués d'intérêt, l'intronisation de l'aide-soignant au sein du groupe de jeunes étudiants beaux, riches et intellos ( qui a dit " clichés"?) tellement poussive et lente, les délires d'Eden sur la musique baroque Descartes et Mattheson (vous non plus vous ne savez pas qui c'est? Cliquez ici, c'est la minute culture) tellement prise de tête que je n'avais qu'une envie : 

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

"Et puis?", me direz-vous? Et puis

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai littéralement été envoûtée. Les personnages secondaires ont occupé toute la place ( le docteur Paulsen et Herbert Crest en tête, quels bonhommes! quelle vie! quelle....) et la Folie a pris le pas sur la Musique. Plus que le pouvoir des notes, c'est le Complexe de Dieu ( et d'Eden) qui m'a poussée à tourner les pages plus vite que de raison, à oublier la fadeur de l'histoire d'amour, le froid des amitiés, le vide des relations familiales ou le ridicule de la fin. Dit comme ça, ça sonne comme une critique, mais ce n'en n'est pas une, ce que je retiendrai c'est que la force d'un seul thème a réussi à occulter tous les défauts de ce roman ambitieux, et rien que ça, c'est fortiche! Quand il aborde la maladie, l'espoir, l'éternelle dichotomie entre le rationnel et l’Irrationnel, Benjamin Wood devient virtuose, et ses mots qui me semblaient bien creux résonnent ( j'ai failli écrire "raisonnent", coïncidence?) terriblement en moi : Ma théorie est que l'espoir est une forme de folie. Une folie bénigne, certes, mais une folie tout de même. En tant que superstition irrationnelle, miroirs brisés et compagnie, l'espoir ne se fonde sur aucune espèce de logique, ce n'est qu'un optimisme débridé dont le seul fondement est la foi en des phénomènes qui échappent à notre contrôle. 

Je me suis souvent demandé, en cours de lecture, si Eden était un fou ou un génie, tant la frontière entre les deux était floue. Finalement, la question se pose aussi pour Benjamin W : écrire un roman sur le pouvoir de la musique baroque, en 2014, un roman qui (tente de) flirte(r) avec le thriller psychologique, le roman d'apprentissage et le manuel de la psycho-pour-les-nuls, c'est quand même vachement gonflé comme pari. J'ai basculé de l'autre côté de la Force, alors malgré tout, pour moi, c'est un pari réussi.

Ah, oui, juste pour le plaisir des yeux, le voilà, le Benjamin B. ( quoi? qui a dit "miam miam"?)

 

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

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Julia 17/12/2014 11:28

Miam miam Benjamin :p
C'est sûr que le résumé de son livre ne me donne vraiment pas envie... Et vu que je suis impatiente de nature, pas sûre du tout de pouvoir attendre aussi longtemps avant de me plonger dans le livre.
En tous cas, tu as les bons arguments :)

LaFee 20/12/2014 22:49

jerome 10/12/2014 13:29

100 pages à surmonter avant de se sentir à l'aise c'est juste inimaginable pour moi. Mais tu as bien fait de persévérer finalement.
(et sinon j'adore les éditions Zulma, qui n'ont rien de spécialement intellectuel ni prise de tête, tu as juste quelques préjugés, voila tout ;) )

LaFée 10/12/2014 14:20

Je crois que les couvertures m 'intimidaient, en fait :-)
Pour les cent pages à surmonter, j'avoue que si je n'avais pas eu la "pression" du billet à écrire, je ne suis pas certaine que j'aurais eu le même courage....

Jacqueline 10/12/2014 08:49

Ton billet a atteint son but : éveiller l'intérêt et donner envie de découvrir ....:-)
Pour ma part, ce sera en version Poche vu le prix ...

Jacqueline 10/12/2014 15:58

Avec plaisir mais pas dans l'immédiat ...... disons quand tu auras le temps en janvier ....:-)

LaFée 10/12/2014 14:20

...ou par la Poste su tu veux :-)

Scarlett Julie 09/12/2014 23:42

Je n'avais pas envie de le lire, mais là ton billet a titillé mon intérêt ;)

LaFée 10/12/2014 14:20

Je me réjouis de lire ton avis ce ce roman tellement bizarre :-)

Marguerite 09/12/2014 20:49

On a failli attendre, pour la photo O:)
Mais le roman ne me tente toujours pas, cela dit.

Marguerite 10/12/2014 20:43

Plutôt miam, en effet :)
(oui, bon, d'accord : je ne connaissais le titre du roman que pour avoir eu l'attention attirée par la photo dans Lire...)

LaFée 10/12/2014 14:21

Mais miam miam?