La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Damnés", Chuck Palahniuk

"Damnés", Chuck  Palahniuk

" La mort, une fois qu'on y est, c'est beaucoup plus facile que l'acte de mourir. Si vous êtes déjà capable de rester de longues heures devant la télé, la mort sera une partie de plaisir. D'ailleurs, regarder la télé et surfer sur le net sont d'excellents entraînements à la mort".

Madison, 13 ans, est la fille d’une star du cinéma et d’un producteur milliardaire. Élevée dans la religion du fun et de la culture pop, elle passe un Noël ennuyeux seule dans son pensionnat en Suisse, tandis que ses parents se consacrent à leurs projets professionnels et à l’adoption d’orphelins du tiers-monde. Mais un événement inattendu va venir illuminer ses vacances : sa mort subite. Débarquée en enfer, elle y fait la connaissance d’une bande de jeunes (...). Alors qu’elle se lance dans l’exploration de ce nouvel environnement, qui lui réserve de multiples surprises, Madison se remémore sa courte existence pour essayer de comprendre ce qui a bien pu la mener à la damnation. Pour découvrir, aussi, les raisons de sa mort.

La lecture de Survivant du  même auteur m'avait laissée assez perplexe, je dois bien l'avouer. Mais bon, Fight Club, quoi, quand même....Le pitch était séduisant, un brin décalé, et je me suis dit " pourquoi pas". Et maintenant, bien plus d'une semaine après l'avoir refermé, je me dis..."Voyons voir, comment expliquer ce " truc"?" 

"Damnés", Chuck  Palahniuk

Impossible. Ce roman est un OLNI ( voir ici pour la minute Culture), un vrai de vrai, c'est un " truc" indéfinissable, inclassable, qui se dévore autant qu'il agace et que l'on referme avec la désagréable impression d'avoir été grugé.

Bienvenue en Enfer donc. Mais pas n'importe quel Enfer, celui de Chuck Palahniuk, un espère de malade mental échappé de l'asile en plein sevrage ( ou en plein bad trip, c'est selon). Laissez tomber Dante et consorts, même le plus tordu des esprits tordus ne pourrait s'imaginer l'Enfer palahniukinien. Rien à voir avec

"Damnés", Chuck  Palahniuk

ou même

"Damnés", Chuck  Palahniuk

Non, l'Enfer, c'est une terre-poubelle, ce sont des lacs de vomi, des montagnes de rognures d’ongles, des océans de couches culottes usagées ou de sperme gâché et même une Marée des avortements par naissances partielles ( si vous venez d'avoir un haut-le-cœur, c'est normal, rassurez-vous). L'Enfer, c'est cet endroit où on vous passe en boucle Le patient Anglais, où vous vous retrouvez dans une cage dégueulasse jonchée de bonbons ( je me demande si le psy de l'auteur s'est intéressé à cette obsession de la confiserie?), où vous voilà presque obligé de jouer un remake de Breakfast Club version "Eternity's Satan Fever" avec vos compagnons d'infortune, un geek, un rocker, une jolie fille, et un sportif ( super, voilà qui va vous changer de votre vie sur Terre, tiens). Dans ce sens, ce " truc" écrit par Palahniuk ressemble à la fois à une visite guidée et à un traité de démonologie. Déroutant? Assurément, mais  pas dénué d'intérêt, enfin, à petite dose. Oui parce que bon, j'ai une mémoire de poisson rouge moi, alors me citer 12547895 noms de démons, ça fait bugger un peu mon cerveau.

Mais il y a Madison, Madison l'Ado, avec un grand A, 13 ans, aussi insupportable que touchante ( c'est l'âge, que voulez-vous...). Madison, elle n'a peur de rien, même pas de Satan à qui elle s'adresse directement à chaque début de chapitre, même pas de s'attaquer aux vilains démons qui peuplent son nouvel univers ( ni même aux célébrités qu'elle croise sur son chemin, parce que, sachez-le, l'Enfer est bien plus peuplé que ce que l'on ne croit, et par des personnages que l'on n'imaginait pas là.... Palahniuk atteint le point Godwin, c'est vrai, mais dans une scène tellement hilarante que je lui pardonne volontiers cet épisode trop "facile" à mon goût). Madison, en bonne ado lambda, craque sur le bellâtre de service, se moque et se plaint de ses parents ( excessivement pénibles et pathétiques, il est vrai), mais surtout, elle sait ce qu'elle veut ( et moi, j'adore ce genre de personnage, ça vous étonne?). Et quand elle devient télemarketrice, ça donne naissance à des scènes aussi jubilatoires que drôles. parce que ce livre est drôle, souvent, acerbe, cynique, décalé, et sous ses airs de ne pas y toucher, il balance une vraie claque dans la tronche de la société américaine. Mais ( parce qu'il y a un "mais", vous ne vous en doutiez pas?), à force de trop forcer ( oui, je sais...) le cliché, même pour faire éclater l'Absurde, il y a un risque d'agacer son lecteur. La répétition, presque mot pour mot, de la même formule, les chapitres courts, le passage délibéré du coq à l'âne ( qui ne sont pas ceux que l'on imagine...) et surtout ( c'est mon côté oie blanche) une scène absolument gerbante de ce qui doit être le must du sexe en Enfer m'ont parfois horripilée, parfois carrément lassée.

Mitigée, donc. Mais, quand même, j'ai aimé le fait de ne pas savoir si j'avais aimé ou non ce "truc", et c'est plutôt bon signe. A moi Le festival de la Couille, donc, qui dort dans ma PAL. 

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jerome 30/11/2014 09:29

Euh... j'ai envie de dire non, trois fois non !

Jacqueline 20/11/2014 08:00

Oh, non, je ne tenterai pas ..... Ce n'est pas un roman qui m'attire ....:-)