La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"Dôme" Stephen King

"Dôme" Stephen King

"Rien qu’une petite ville, mon chou, et tout le monde soutient l’équipe."

( et comme je ne recule devant rien, même pas devant la musique Country, voici donc la chanson dont est extraite cette épigraphe : ici)

A la fin de l’automne, la petite ville de Chester’s Mill, dans le Maine, se retrouve brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Face à ce phénomène inexplicable, un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe, et la résistance s’organise peu à peu…

Un cadeau de 1584 pages, est-ce vraiment un cadeau? ( spéciale dédicace à Herr H.) 1584 pages du " maître incontesté de l'horreur" quand on n'est pas fan de Surnaturel, en plus, gloups. Je l'avoue j'étais un peu dubitative, genre ça, quoi 

"Dôme" Stephen King

(Vous vous demandez sans doute ce que Jack-king-of-the-world vient faire ici? Patience, patience...)

Dubitative donc. Et finalement? Conquise! J'ai dévoré les deux tomes, d'affilée évidemment  ( quand on connait mes tocs...), mais d'un bout à l' autre en mode "ohmondieuohmondieuohmondieu" ( "pitié pas ça!", "alléluia!" (bonds de joie) " oh non (snif snif) " "oh oui" (gloussements débiles) , "oh merde" etc etc, vous avez compris le principe je pense).

"Dôme" Stephen King

Et perdue ( vous remarquez la transition  ?), je l'ai été, et pas qu'un peu : une liste de personnages à vous donner le vertige, une géographie tout aussi pointue, une Ville-héros dont les moindres recoins ont leur importance ( et qui fait l'objet d'un faux-vrai site internet, excusez du peu (avec liens, photos et plans, carrément!) ), il y  a de quoi en perdre son latin. Mais très vite, on est emporté. C'est le mot : emporté. On rentre dans le Dôme au moment même de son apparition, et on ne le quitte que 1584 pages plus tard, un peu groggy, un peu déboussolé d'avoir vécu aussi longtemps en apnée. On lit ce livre comme on regarde une série télé (quoi? vous pensiez que je ne parlerais pas d' Under the dome, peut-être? Trailer ici, tiens), avec avidité, et une irrésisitible envie de savoir. De savoir quoi? Ce qu'est ce Dôme, bien sûr, mais surtout comment ILS vont faire pour essayer de s'en sortir, qui va vivre, qui va mourir, qui va souffrir, espérer, aimer, tenir tête ou subir, faire acte de bravoure ou se comporter en bon petit soldat. Les personnages sont à l'image du roman, très américains, manichééens : très vite on sait qui sera du côté des gentils, et les méchants sont très méchants ( et très très tarés aussi, pour certains). Il n'empêche, on s'attache ( et on paie souvent cet attachement, croyez-moi, Stephen King est très très vilain avec ses personnages) Au milieu de cette stéréotypie ambiante, des petits moments de grâce, rien que ça. Vous vous souvenez de Titanic? ( coucou Jack!) Ben ça m'a fait pareil. Non, pas quand Léonardo lâche ( qui a dit enfin?) son bout de bois, plutôt quand la maman pauvre couche ses enfants et que les petits vieux attendent la mort en se tenant la main, vous voyez? Il y a de ça, dans " Dôme". Des instantanés d'humanité pure, un contact furtif, un regard vers une femme enceinte, une grand-mère qui emprisonne ses petits-enfants dans ses yeux, un  professeur d'université rabougri ( mais pas de partout) qui se transforme en babysitter de choc, un  GI bien dressé ( Sir!Yes sir!) qui brave les ordres pour un éleveur de vaches. Mais attention, je vous parle d'une infime partie du roman, là. Tout le reste est très violent, très noir, très apocalyptique ( en même temps, les Bisounours sous le dôme ça l'aurait fait moyen). Tout est "très", en fait. Et on se prend ce "très" en pleine face dès le début, puisque l'installation brutale du dôme plonge les personnages dans l'horreur. Du sang partout , c'est le titre d'un chapitre, mais c'est aussi un peu un résumé : c'est trash, glauque, sanguinolant au possible ( Le moteur du pick-up Datsun rebondit et coupe Velma en deux. La partie supérieure de son corps est projetée à travers le pare-brise, ses intestins traînant derrière elle comme des serpentins.). Peut-être pas 100% nécessaire en fait. Mais comme le dit l'auteur dans la préface ( dont je vous recommande la lecture) de Danse Macabre  Vous n’êtes pas ici pour rêver ou pour veiller mais pour entendre la voix de l’écrivain qui, doucement, méthodiquement, vous explique comment, parfois, les édifices les mieux structurés se désagrègent avec une brutale soudaineté. Il vous dit que vous avez envie de regarder l’accident d’auto et, ma foi, c’est vrai, vous en avez envie. Jusqu'à la fin.

Je l'ai déjà dit, je ne suis pas fan du Surnaturel. Il y a à l’autre bout du fil une voix d’outre-tombe… Il y a, derrière les murs de la vieille maison, un tel vacarme que des rats n’en peuvent être la cause… Il y a quelque chose qui bouge au pied de l’escalier menant à la cave… Au mieux ça me fait lever les yeux au ciel, au pire ça m'agace prodigieusement. J'en veux encore à Stephen King de la dernière partie de 22/11/63 (), c'est vous dire mon appréhension en commencant ce roman. Et pourtant, même si j'ai redouté "le moment où", ça s'est passé comme on arrache un sparadrap : moins douloureux que ce que l'on imaginait. 

Je ne peux pas terminer cette chronique sans vous parler de la Marmotte. Pauvre, pauvre marmotte. Stephen King est vraiment cruel. Mais j'ai aimé ça. Et tout le reste.

"Dôme" Stephen King
"Dôme" Stephen King

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Julia 26/08/2014 11:41

Haaaaannn ! Tu m'as trop donné envie de lire ces 1584 pages !!! J'adorais Stephen King et j'ai arrêté de le lire il y a quelques temps (pourquoi? Je ne m'en souviens même pas...), mais c'est décidé, il va faire son grand retour dans ma PAL grâce à toi :)

LaFée 26/08/2014 16:28

Je n'étais pas grand fan du King-qui-fait-peur, donc je ne sais pas si les vrais afficionados trouvent leur bonheur dans celui-ci, mais j'ai beaucoup beaucoup aimé, en tout cas!
Merci pour ta visite!

Jacqueline 20/08/2014 17:35

J'ai lu ton billet avec plaisir mais je ne suis guère certaine que ce roman soit pour moi ....Peut-être tenterai-je le premier tome malgré tout ..... :-)

Charabistouilles 19/08/2014 21:07

Oh oui la marmotte !! C'est elle qui m'a vraiment accroché au roman :P Et moi aussi j'ai crié "non non pas ça!" "toi sale crapule, si je te croise!". Des personnages manichéens, je l'avais relevé aussi, c'est assez gros, mais ça ne gâche rien, surtout quand le gros méchant s'appelle Big Jim et est si délicieusement détestable !

LaFée 20/08/2014 09:55

C'est vrai que c'est assez jouissif d'avoir de vrais méchants à détester :-) Merci pour ton passage, Charabistouilles.

paikanne 19/08/2014 17:11

Ravie que tu l'aies aimé ; toi aussi, tu as rencontré la marmotte ;-)

LaFée 19/08/2014 17:32

J ai bien pensé à toi en lisant le début

Valou076 19/08/2014 13:33

c'est un énoooorme pavé qui me fait envie depuis longtemps déjà...
marrant ton article ;-)

Cajou 19/08/2014 13:30

Aahhhhhhh ton billet me fait faire des bonds de "oui je le lis je le lis je le lis tout de suite" mais tu m'as aussi rappelé la taille du bidule :O

PS : "étée", ça existe ? (c'est une vraie question, hein, pcq j'avais jamais vu "étée" mais comme je suis souvent une quiche en grammaire...)

LaFée 19/08/2014 13:40

boulette corrigée, merci dame Cajou :-)

LaFée 19/08/2014 13:37

Oh misère non ça n'existe pas ( j ai vérifié pour ne pas mourir idiote)! La boulette de compet (gloups!).
Un gros gros pavé mais qui se lit très vite, je t assure