La Fée Lit

La Fée Lit

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

"La reine des abeilles" , Gill Hornby

Bienvenue à l’école primaire de St Ambroise.
L’action se déroule sur une année scolaire. Toutes les mères sont inscrites à un même comité pour lever des fonds qui permettront d’organiser, au cours de l’année, différentes sortes d’événements : déjeuners entre mères, bourses aux vêtements et bibelots, bal de l’été, dîners-tombolas, jeux concours, etc. Mais ces activités doivent entrer dans le cadre bien défini par Béa l’invincible, la Reine de la ruche, qui mène la danse et se sent investie de droit divin. Il y a aussi Heather (...)  (e)t Georgina, (..) (e)t Rachel, (...) (e)t la riche Deborah (appelez-la « Bubba ») à la chevelure blonde toujours impeccable, qui possède une domestique, un jardinier et un placard rempli de vêtements de designers, et qui brûle d’accéder au trône…

Allez, avouez. Je suis certaine que si vous avez plus de trente ans, le titre de ce roman qui fait le buzzzzz ( c'est le bruit de l'abeille, faites un effort d'imagination, que diable!), le titre de ce roman, donc, a tout de suite évoqué chez vous sans-culotte-Mallaury-Nataf (elle, donc. Attention, image interdite aux moins de 18 ans) et l'incroyablement mauvaise série qui l'a fait connaître ( pas longtemps, je vous l'accorde, et pas assez que pour l'empêcher de devenir pseudo-sdf, manucurée, mais sdf quand même, il paraît. Oui, je lis la presse people, et alors? ) ( générique ici, pour les plus motivés d'entre vous). La lecture du résumé ci-dessus ( qui en disait trop à mon goût, d'où les découpages)  a dû, par contre, vous faire penser à Wisteria Lane ( fan du générique? cliquez ici, alors)  et  à ses pestouilles ( ma préférée c'était Bree, toquée comme j'aime, ça vous étonne ?) , et vous n'êtes pas très loin de la vérité. Ce roman se lit comme on regarde une série télé : avec avidité, parce les épisodes s'enchainent sans temps mort, parce que les personnages sont hauts en couleurs et attachants, parce que c'est drôlecaustique,  réaliste, touchant, parce que c'est parfait pour les vacances. Beaucoup beaucoup de qualités, donc, l'auteure est bien la soeur de son frère ( Slam, si on aime la littérature pour ado, c'est un must read) mais aussi la mère de ses enfants : 4, fichtre, elle sait de quoi elle parle, j'imagine!  Mais un (petit?) défaut aussi, et là, clairement, l'auteur est américaine, y'a pas à en douter.....

Ne boudons pas notre plaisir, la plupart du temps, les aventures de ces mères de famille m'ont fait sourire. Ou plus, c'est selon, parce que souvent j'ai

"La reine des abeilles" , Gill Hornby

Certains passages sont justes épiques : la soirée plage qui prend l'eau (au sens propre), le déjeuner-relais chez Georgie, les comptes-rendus des réunions du COSTA, les excités du vide-grenier et l'enfant-robot, la découverte du BF-de-la-honte, l'ironie, partout, tout le temps, mais surtout chez Rachel ( Alléluia, alléluia! Rendons grâce au Seigneur ( comprendre : son ex) qui va jusqu'à acheter des lits pour ses propres enfants!) dont la mère complètement allumée du bulbe élève des abeilles et n'y va pas par 4 chemins pour dire à sa fille qu'elle trouve sa vie naze, les courses  d'Heather au supermarché, où elle  emplile dans son caddie un multi-pack de Cif, trois douzaines d’œufs (!!) ainsi un assortiment géant de biscuits, ce qui la fait se sentir aussi délinquante (que) le jour où elle avait piqué un crayon khôl sur le stand Rimmel à l' âge de 13 ans, c'est vous dire! Bref, on sourit, beaucoup, de ces événements cocasses mais aussi de ceux de la vie quotidienne dans lesquels on se retrouve un peu  : Ha! Le lave-vaisselle! Ce lave-vaisselle en panne (...). Les paniers avaient été embarqués dans la chambre d' Henry, réquisitionnés par ActionMan pour l'effort de guerre. Si vos enfants sont comme les miens, fans de Légo, vous comprendrez... Puis ça caquette, ça cancanne, ça dit du mal, ça fait sa langue de p*te, ça dévisage les nouvelles têtes de la rentrée , c'est plein de mesquinerie, de coups bas, de ragots, rumeurs et tutti quanti, c'est très très féminin, quoi 

Justement. Soyons sérieux deux minutes, parce que sous ses allures de bouquin de plage distrayant au possible,  La reine des abeilles aborde aussi, sans avoir l'air d'y toucher, de grands thèmes universels qui touchent les femmes, surtout les femmes, et qui donc m'ont laissée parfois

"La reine des abeilles" , Gill Hornby

Rachel, encore elle, dont le mari ayant aperçu quelqu'un à travers le pare-brise, l'avait éjectée d'un véhicule en marche et changé d'itinéraire pour suivre seul son voyage. Elle fait face, Rachel, même si admettre qu'il ait été aussi préoccupé par le développement de la muqueuse du petit estomac de Poppy alors qu'un jour il écrabouillerait son petit cœur avec une grosse massue, c'était tout simplement déprimant. Séparation, estime de soi, épanouissement personnel, maladie, enfants " différents", décès, tout le catalogue des contrariétés de la vie y passe, et pourtant, ça reste léger. Comme si finalement tout cela n'était pas bien grave, comme si on se relevait de tout. Et là, paf. Georgie. Mon personnage coup de cœur, pas la plus belle, pas la plus populaire, ni fée du logis ni icône de la mode, mais une amie comme on voudrait toutes en avoir une, pour fumer des clopes avec elle devant le petit muret, pour mettre le nez dans le cou de ses enfants, pour voir les yeux de son balourd de mari briller rien qu'en la regardant, pour décharger notre peine sur le sol crasseux de sa cuisine et pour exploser les scores au quizz de l'école. Puis bon, une nana dont la pire insulte est Epouvantard, sérieusement, je ne pouvais que l'aimer.

Par contre, rien à faire, je suis allergique à la romance et les  histoires d'amour à deux balles

"La reine des abeilles" , Gill Hornby

J'ai vu venir de loin, de très loin, même, la love story cucu la praline à l'américaine, habituée que j'étais ( ado, dans une autre vie quoi ) aux soap opéra type "Feux de l'Amour" et autres "Falcon Crest" ( mon, préféré restant sans conteste "Côte Ouest", mais je m'éloigne, là...) Œillades discrètes, tentatives d'approche qui se veulent subtiles mais donnent plutôt l'impression de clignoter version néon rouge " ATTENTION DRAGUE" , questionnement existentiel, cuisse nue collée le contre jean usé de l'homme le plus parfait de la terre (grrr), répliques qui tuent ( Vous épelez divinement bien, vous savez) et érotisme torride (attention, chaud chaud chaud!) : Le pied de ... frôla celui de .... puis s'écarta ; elle aurait voulu le rappeler : "Arrête. Reviens.". Mais c'est alors qu'elle le sentit. Il revenait tout seul. De son plein gré. Se déplaçait avec une lenteur exquise pour contourner la chaussures de ... et se caler entre ses jambes. Elle retient un petit halètement (NDLR: hein?? WTF?!). Elle rougissait, elle savait qu'elle rougissait. Du vrai Porn mum, non? Mais ce qui m'a donné envie de hurler

"La reine des abeilles" , Gill Hornby

c'est le summum du ringard atteint en même temps que fut atteint ce point rare et exquis, dans une soirée, dans une vie, où le banal se transforme en sublime. Lorsqu'un amour prend soudain son essor, transcende tout mode d'expression, cède les commandes à la peau, aux terminaisons nerveuses, la rencontre des âmes. Lorsqu'on n'a besoin que d' un regard pour s'entendre. ( Vous permettez? Je vais vomir, je reviens).

Si l'on fait abstraction de ces passages dégoulinant de mièvrerie et de guimauve passée au barbecue (ou pire, si l'on aime ça (mais que faites-vous ici, bon sang?)), La Reine des abeilles est un joli moment de lecture, parfait pour ces jours de magnifique soleil de juillet pluie de Novembre. Enjoy!

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Anne 29/08/2014 19:18

Génial ton billet, je le lis alors que je viens de finir le livre (en vacances, c'est parfait pour ça d'ailleurs) et j'ai pensé exactement la même chose aux mêmes passages "guimauve"!!
Sinon j'ai bien aimé.
Par contre, j'ai tiqué en lisant la présentation de l'auteur: soeur de, femme de, mère de. Et sinon rien d'autre à raconter sur elle apparemment...

LaFée 29/08/2014 19:26

Que veux-tu, la famille c est vendeur :-)
Merci pour ton passage!
Bisous!

Cécile 05/08/2014 14:07

Dans ma monstrueuse pal...
C'est la sœur de Nick? Je n'avais pas tilté !

Et non, je n'avais pas pensé à la série AB, malgré mes (bientôt) 34 ans :p

Alice 26/07/2014 15:26

Je n'ai pas aimé le côté romance non plus par contre tout le reste j'ai savouré avec bonheur!

Jacqueline 22/07/2014 18:45

Même si j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ton billet, je sais que ce roman n'est pas pour moi .... Le genre "Desperate ...." : j'ai regardé 2 épisodes puis abandonné ....:-)

LaFée 03/08/2014 16:18

Je suis contente de voir que tu as succombé

Jacqueline 03/08/2014 10:43

Finalement, "poussée" par une amie, je l'ai lu .... et j'ai bien fait ! Un très agréable moment de lecture .... j'ai souri et même ri par moments ..... Un vrai plaisir de lecture .... et le côté "romance guimauve" m'a fait lever les yeux au ciel mais avec le sourire ....:-)

LaFée 22/07/2014 18:53

Tout dépend de ce que tu n aimais pas dans la série... C est une impression générale, la ressemblance, on est ici beaucoup plus dans le vrai quotidien que dans "désesperate"...Merci pour ton passage, toujours fidèle au poste! Bises!

sophie 22/07/2014 13:26

ainsi donc tu as aimé ;)
je l'ai dévoré et j'en aimerais bien un second comme ça (mais la petite romance elle ne m'a pas trop dérangée elle ne prenait pas trop de place en fait)

LaFée 22/07/2014 18:51

Ça m horripile, je ne dois pas être née avec le gène du romantisme :-)